Génocidaires rwandais : le MRAP demande des comptes sur les complicités

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Un communiqué du MRAP National
   Ces derniers jours, une nouvelle affaire impliquant un organisateur présumé du génocide sur le sol français a éclaté à Maubeuge. A l’hôpital de la ville, un médecin d’origine rwandaise, Eugène Rwamucyo, a été suspendu pour être soupçonné d’avoir participé à la planification du génocide.

Le génocide rwandais, qui s’est déroulé pendant 100 jours d’avril à juillet 1994, a coûté la vie à entre 800.000 et un million de victimes. La question des complicités de l’armée et de la politique françaises a été soulevée à plusieurs reprises.

L’affaire actuelle pose de nouveau, avec force et cruellement, la question des complicités dont bénéficiaient - et continuent de bénéficier - les planificateurs du génocide.

Eugène Rwamucyo figurait sur un avis de recherche pour « génocide et crimes de guerre » lancé par Interpol, organisme de police où il avait une « fiche rouge », correspondant au degré de recherche le plus élevé. Une plainte pour participation au génocide avait également été déposée contre lui, en 2007. Néanmoins, depuis deux années, rien, strictement rien n’avait été entrepris contre lui. « Les juges manquent de moyens, ils doivent s’occuper de vols de scooters », a amèrement noté dans la presse M. Alain Gauthier, auteur de la plainte déposée contre Rwamucyo depuis 2007.

Par ailleurs, l’intéressé avait visiblement bénéficié, grâce à des hommes politiques UMP, d’appuis solides en France. En 2002, il avait personnellement participé à un colloque qui s’est déroulé au Sénat français. Thierry Lazaro, secrétaire départemental de l’UMP du Nord, reconnaît lui-même qu’il est intervenu auprès des autorités pour obtenir un titre de séjour à Rwamucyo : « J’ai saisi plusieurs ministres en sa faveur. On ne peut infirmer ou confirmer son implication dans le génocide. J’ai la conviction qu’il n’y est pour rien. A l’époque, j’ai cru de bonne foi qu’il était vulnérable. »

Si l’on compare la situation de Rwamucyo à celle du grand nombre d’immigrés, en situation « vulnérable », on s’aperçoit facilement de quel traitement de faveur proprement incroyable il a pu bénéficier. Sa demande d’asile politique en France avait d’ailleurs été rejetée en France, en 2003, par la Commission des recours des réfugiés. Cette dernière avait alors écrit noir sur blanc, dans son rapport sur l’intéressé : « Il a participé en 1994 à plusieurs réunions de planification du génocide. Il avait notamment élaboré un document préconisant les mesures d’hygiène permettant d’éviter les épidémies dues à la concentration des cadavres dans les rues rwandaises. »

Le MRAP demande, avec force, que tous les génocidaires probables qui mènent actuellement une vie tranquille en France soient enfin poursuivis. Les complicités dont ils ont bénéficié en France, et qui ont pu entraver le bon fonctionnement de la justice nationale et internationale, doivent également faire l’objet d’une enquête rigoureuse.

Paris, le 19 octobre 2009

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