Emission Envoyé Spécial : un reportage sur Sangatte

à voir :
Jeudi 14 décembre à 20H50 sur France 2,
un reportage sur Sangatte
dans l’émission Envoyé Spécial.
Immersion à Sangatte
Un reportage réalisé par Anne de Loisy avec Jean-Michel Garcia et Akim Rezgui.
En décembre 2002, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy décide de fermer le centre de Sangatte qui accueille près de 2000 clandestins par jour. Quatre ans après, les migrants affluent toujours vers Calais. Chaque jour, entre 150 et 400 hommes, femmes et enfants, essayent de traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre. Pendant 3 semaines, nous avons suivi le quotidien de Mohamed, un infirmier pakistanais de 30 ans. Mohamed vit dans la "jungle", un bois situé à 3 km du centre ville de Calais. Toutes les nuits, Mohamed tente sa chance. Son voyage du Pakistan en France lui a déjà coûté 10 000 euros et il devra débourser encore 1200 euros pour atteindre l'Eldorado anglais.
En attendant, il faut survivre, malgré la présence d'associations de bénévoles ; se nourrir, se laver, représente pour lui, comme pour les autres, un défi quotidien. Tous les jours, Mohamed, comme ses compagnons de fortune, joue au chat et à la souris avec la police pour éviter de se faire arrêter. Ici, 530 policiers se consacrent en permanence à la lutte contre l’immigration illégale. Chaque jour, 80 migrants sont interpellés, soit 22 000 personnes par an au total. L'opération coûte cher : plus de deux millions d'euros par an, et les réfugiés affluent toujours.
« Ce n'est pas en détruisant un hangar qu'on résout un problème. En fermant le centre de la Croix Rouge de Sangatte, Nicolas Sarkozy a certes enregistré un succès statistique (moins d'arrivants, plus d'expulsés) mais a provoqué un désastre humain. Ce reportage en prend la mesure. Arrestations répétées (22 000 par an), expulsions ubuesques (les migrants sont renvoyés dans le dernier pays traversé, la Belgique ou l'Allemagne par exemple), gazage régulier voir destruction des abris de fortune bricolés dans la « jungle », un bois proche de Calais La déchéance et l'humiliation de ces exilés sont organisées par la police. « Notre chien est mieux traité qu'eux », résume un voisin. Un reportage qui constitue un cri d'alarme vital.
La fermeture du centre de Sangatte, en décembre 2002, n'a rien changé au problème des exilés qui continuent d'affluer à Calais d'où ils espèrent rejoindre l'Angleterre. Sauf que, rien n'étant prévu pour les héberger, ils ont investi la « jungle », un bois situé à 3 km de la ville, où ils vivent dans des conditions inhumaines, se disputant les repas distribués par les associations et craignant les interventions, parfois brutales, de la police.
Comme Mohamed, un infirmier pakistanais de 30 ans, ils sont entre 150 et 400 chaque jour à tenter d'embarquer clandestinement dans l'un des 6500 camions qui traversent la Manche en ferry. Seulement six y parviennent. Après le ramdam provoqué par la fermeture du centre de Sangatte, le silence est retombé sur cette affaire dérangeante. Mais faute de trouver de vraies solutions, le problème persiste. Ce reportage, absolument sidérant, démontre comment des êtres humains, survivent chez nous, dans une indifférence quasi générale.
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