Grande-Bretagne : polémique sur les conditions de détention d'immigrés illégaux
Un article de Jean-Pierre Langellier. Le Monde 01.12.06
Le chaos a régné pendant vingt-quatre heures dans le plus grand centre de détention d'immigrés illégaux en Grande-Bretagne, mettant en évidence à la fois le sort difficile de ces derniers et, de manière plus générale, la surpopulation des prisons du royaume.
Le centre d'Harmondsworth, situé près de l'aéroport londonien d'Heathrow, est géré comme une prison de haute sécurité par une compagnie privée, Kalyx Ltd. Sur ses 500 détenus, un tiers sont des étrangers condamnés pour des délits ou des crimes. Les autres sont des immigrants illégaux ou des demandeurs d'asile dont la requête a été rejetée. Tous sont en attente d'expulsion ou de rapatriement forcé vers leur pays d'origine, après, dans le cas des condamnés, avoir purgé leur peine.
Les troubles ont éclaté dans la nuit du 29 novembre après qu'un gardien eut éteint d'autorité un poste de télévision. Les détenus ont allumé des feux dans les quatre ailes de la prison et détruit une partie des meubles et du matériel, après l'intervention d'une centaine de policiers anti-émeutes, accompagnés de chiens.
Des images aériennes diffusées par les télévisions, avant que le survol de la prison ne soit interdit, ont montré les mots "SOS" et "Help" ("A l'aide") écrits à l'aide de draps blancs étalés sur le sol de la cour intérieure. Les dégâts des eaux provoqués par le système d'extinction ont rendu une partie de la prison inhabitable. La police n'a repris le contrôle de la situation qu'après une journée d'émeutes.
Dans une déclaration aux Communes, jeudi 30 novembre, le ministre de l'intérieur, John Reid, a accusé les émeutiers d'avoir "tenté de saboter" la politique britannique en matière d'immigration. Les troubles des derniers jours, a-t-il affirmé, ont été planifiés pour retarder les procédures d'expulsion en cours. "Celles-ci, a promis le ministre, se poursuivront avec vigueur."
Isolement et agressions
A la veille de ces incidents, l'inspectrice en chef des prisons pour l'Angleterre et le Pays de Galles, Anne Owers, avait publié un rapport très sévère sur le centre d'Harmondsworth, où elle critiquait notamment les très mauvaises relations entre gardiens et détenus. Selon ce rapport, plus de 60 % de ces derniers affirment ne pas se sentir en sécurité, et 44 % disent avoir été agressés par des gardiens. L'isolement en cellule individuelle y est aussi très fréquent.
Cette situation déplorable, souligne l'auteur du rapport, résulte surtout du fait que la direction du centre met trop l'accent sur "le contrôle et la sécurité physique".
Au total, les centres de détention peuvent abriter 2 660 demandeurs d'asile dans tout le pays. Cet univers carcéral est tellement encombré que pour pouvoir accueillir une partie des détenus d'Harmondsworth, évacués après l'émeute, il a fallu libérer 150 détenus jugés peu dangereux des autres centres.
Depuis quelques années, le nombre de demandeurs d'asile est pourtant en baisse très sensible en Grande-Bretagne. Ils étaient 30 000 en 2005, contre plus de 100 000 en 2002. C'est le chiffre le plus bas depuis 1993. Les principaux pays d'origine des demandeurs sont l'Iran, le Pakistan et la Somalie.
Le surpeuplement dans les centres pour immigrés se retrouve au niveau pénitentiaire national. La population des prisons britanniques vient de dépasser le chiffre record de 80 000 détenus.
Le centre d'Harmondsworth, situé près de l'aéroport londonien d'Heathrow, est géré comme une prison de haute sécurité par une compagnie privée, Kalyx Ltd. Sur ses 500 détenus, un tiers sont des étrangers condamnés pour des délits ou des crimes. Les autres sont des immigrants illégaux ou des demandeurs d'asile dont la requête a été rejetée. Tous sont en attente d'expulsion ou de rapatriement forcé vers leur pays d'origine, après, dans le cas des condamnés, avoir purgé leur peine.
Les troubles ont éclaté dans la nuit du 29 novembre après qu'un gardien eut éteint d'autorité un poste de télévision. Les détenus ont allumé des feux dans les quatre ailes de la prison et détruit une partie des meubles et du matériel, après l'intervention d'une centaine de policiers anti-émeutes, accompagnés de chiens.
Des images aériennes diffusées par les télévisions, avant que le survol de la prison ne soit interdit, ont montré les mots "SOS" et "Help" ("A l'aide") écrits à l'aide de draps blancs étalés sur le sol de la cour intérieure. Les dégâts des eaux provoqués par le système d'extinction ont rendu une partie de la prison inhabitable. La police n'a repris le contrôle de la situation qu'après une journée d'émeutes.Dans une déclaration aux Communes, jeudi 30 novembre, le ministre de l'intérieur, John Reid, a accusé les émeutiers d'avoir "tenté de saboter" la politique britannique en matière d'immigration. Les troubles des derniers jours, a-t-il affirmé, ont été planifiés pour retarder les procédures d'expulsion en cours. "Celles-ci, a promis le ministre, se poursuivront avec vigueur."
Isolement et agressions
A la veille de ces incidents, l'inspectrice en chef des prisons pour l'Angleterre et le Pays de Galles, Anne Owers, avait publié un rapport très sévère sur le centre d'Harmondsworth, où elle critiquait notamment les très mauvaises relations entre gardiens et détenus. Selon ce rapport, plus de 60 % de ces derniers affirment ne pas se sentir en sécurité, et 44 % disent avoir été agressés par des gardiens. L'isolement en cellule individuelle y est aussi très fréquent.
Cette situation déplorable, souligne l'auteur du rapport, résulte surtout du fait que la direction du centre met trop l'accent sur "le contrôle et la sécurité physique".
Au total, les centres de détention peuvent abriter 2 660 demandeurs d'asile dans tout le pays. Cet univers carcéral est tellement encombré que pour pouvoir accueillir une partie des détenus d'Harmondsworth, évacués après l'émeute, il a fallu libérer 150 détenus jugés peu dangereux des autres centres.
Depuis quelques années, le nombre de demandeurs d'asile est pourtant en baisse très sensible en Grande-Bretagne. Ils étaient 30 000 en 2005, contre plus de 100 000 en 2002. C'est le chiffre le plus bas depuis 1993. Les principaux pays d'origine des demandeurs sont l'Iran, le Pakistan et la Somalie.
Le surpeuplement dans les centres pour immigrés se retrouve au niveau pénitentiaire national. La population des prisons britanniques vient de dépasser le chiffre record de 80 000 détenus.
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