L’ENAR dénonce l’augmentation des partis racistes en Europe
Le réseau européen contre le racisme (ENAR, European Network Against Racism) dénonce l’augmentation notable des organisations et des partis politiques extrémistes exprimant des sentiments racistes dans les 26 pays de l’Union européenne, malgré l’"effet positif" créé par la directive relative à l’égalité raciale dans l’UE.
L’ENAR est un réseau rassemblant plus de 600 organisations non gouvernementales (ONG) européennes engagées dans la lutte contre le racisme et les pratiques discriminatoires dans tous les Etats membres de l’UE, fondé en 1997 à l’occasion de la l’Année européenne contre le racisme. Cette association a publié mercredi la 3ème édition de son "rapport alternatif" annuel au niveau européen, qui se fonde sur une compilation d’informations et de données collectées pendant l’année écoulée par ses membres. Il se veut la vision de la société civile sur la question du racisme en complément des activités de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, mise sur pied le 1er mars dernier. S’y ajoutent 26 rapports alternatifs nationaux - un par pays -, disponibles sur le site internet d’ENAR.
"On constate une augmentation du racisme en Europe, due en partie aux hommes politiques", a souligné le président d’ENAR, le journaliste Bashy Quraishy, d’origine pakistanaise mais vivant au Danemark. La question de l’immigration dans ce pays de 5,4 millions d’habitants avait permis l’arrivée au pouvoir en 2001, puis le maintien en 2005 et encore en 2007, d’un gouvernement libéral-conservateur avec le soutien du Parti du peuple danois (PPD, extrême droite). Celui-ci a ainsi encore progressé lors des élections législatives de mardi dernier, malgré le fait que le Danemark compte paradoxalement peu d’étrangers, en raison d’une politique parmi les plus restrictives d’Europe.
Multiplication des formes de racisme
Le rapport s’inquiète enfin des effets provoqués par la lutte contre le terrorisme déclenchée depuis les attentats de 2001 aux Etats-Unis. "Les mesures adoptées par les gouvernements pour lutter contre le terrorisme sont inquiétantes pour la protection des droits de l’Homme et entraînent une radicalisation de l’agenda sécuritaire", souligne l’ENAR. "L’élaboration et la mise en oeuvre de mesures (antiterroristes) doivent faire l’objet d’une surveillance indépendante afin de pouvoir garantir leur conformité avec le droit international", ajoute le rapport.
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