Lyon : gendarmes et pompiers pour arrêter une famille déboutée du droit d'asile
Les Ali, Albanais, ont été déboutés de leur demande d’asile par l’Ofpra, puis par la commission des recours. Mais ils sont restés dans la chambre du centre d’accueil pour demandeurs d’asiles de Fontaines Saint-Martin, ce qui n’était pas prudent. Les militants du village avaient trouvé une solution de replis, un appartement qui devait être mis à disposition samedi matin. Mais mardi, vers 7h, une enseignante a reçu un appel de Gloria, la mère. Les gendarmes frappaient à la porte.
Quelques militants se sont alors rendus sur place. L’enseignante mais aussi des gens de la paroisse voisine, qui suivent la famille. Quelques gendarmes de la brigade voisine sont là, ainsi qu’un membre de la «cellule étrangers en situation irrégulière» de la gendarmerie nationale, nouvellement créée à Lyon. Visiblement rodé, ce dernier explique aux militants que le plus simple est d’ouvrir la porte, la famille ayant selon de bonnes chances d’être ensuite libérée par le juge des libertés. Une femme lui répond que le plus simple est peut-être en ce cas de ne pas l’arrêter. Elle explique que la famille est convoquée au tribunal administratif en novembre. Elle a demandé une suspension de la mesure d’éloignement et un nouvel examen de son dossier, des éléments nouveaux étant, selon leur avocat, intervenu en Albanie.
A l’intérieur, les enfants hurlent. La mère répète au téléphone que si quelqu’un force la porte, elle se jettera par la fenêtre avec ses deux enfants. Après les drames récents, les gendarmes ne veulent pas prendre de risque. Ils «réfèrent». Un officier glisse qu’il n’est "pas là de gaîté de cœur", que des dossiers l’attendent plein son bureau, «avec des délinquants plus dangereux que ceux-là». Puis des renforts arrivent. Des pompiers, nombreux, déplient une grande bâche sous la fenêtre de la chambre, et déploient une grande échelle vers l’appartement. La famille ferme alors précipitamment ses volets, pensant que les pompiers viennent la chercher. Un sapeur fait alors un signe aux gendarmes. La situation est sécurisée, ils peuvent intervenir.
La porte de la chambre est alors forcée. Il n’y a aucune procédure judiciaire engagée. Mais selon le parquet de Lyon, les forces de Lyon, les forces de l’ordre, qui agissent sur ordre préfectoral, puisqu’ils se trouvent devant un cas de flagrance : une famille se maintenant illégalement sur le territoire français. Plusieurs avocats spécialisés en droit des étrangers répondent qu’il ne peut y avoir de flagrance lorsqu’on se trouve devant une porte close.
Ol.B.
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