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Permanences

Le MRAP tient des Permanences
 d’accueil, d’écoute
 et d’accompagnement
 des personnes victimes
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Elles sont animées
 par des équipes
 de bénévoles formées :


- aux techniques d’accueil
 et d’écoute de tous publics


- aux différentes mesures
 relatives à la lutte contre
 les discriminations

- au dispositif législatif
 concernant l’entrée
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Elles s’appuient sur
le concours d’avocats
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57000 - METZ
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les mercredis de 15h à 18h
(sauf congés scolaires)

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Revue de Presse

Un article de Stéphane Mazzucotelli paru dans Le Républicain Lorrain, édition du 15/10/2009

    Un étranger en situation irrégulière a été interpellé alors qu’il accompagnait son enfant à la garderie, mardi matin à Creutzwald. Les membres du MRAP s’indignent et espèrent qu’il sera au moins assigné à résidence.

De nationalité turque et sans autorisation de rester sur le territoire français, un homme de 37 ans a été interpellé, mardi en fin de matinée, par les gendarmes, rue de Carling à Creutzwald, alors qu’il accompagnait son fils à la halte-garderie. «Cette personne a effectivement été interpellée par une patrouille. Elle a été identifiée par les gendarmes et a reconnu être sans papiers. Elle faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français à partir du 13 octobre 2009. Les gendarmes ont donc fait leur travail », explique le capitaine Tuzzi, commandant la compagnie de gendarmerie de Boulay. Après avoir été interrogé à Creutzwald, l’homme a été placé en centre de rétention, à Metz.


Décision avant le week-end

Des membres du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) de Moselle-Est ont dénoncé, hier, le contexte de cette arrestation. «C’est malsain de procéder de cette manière, alors que ce sans-papiers se rendait à la crèche. Il veut que son fils y apprenne bien le français. Cet homme est présent depuis 2006 à Creutzwald, une petite ville où tout le monde se connaît. Il a réclamé le statut de réfugié politique, qui lui a été refusé. Il était néanmoins convoqué par la justice le 20 octobre pour l’examen d’une nouvelle demande de carte de séjour. Mais, on n’a pas voulu attendre jusque-là. De plus, nous sommes dans une situation familiale compliquée : l’épouse, originaire de Turquie mais possédant une carte de séjour valable 10 ans, est restée handicapée à la suite à une intervention chirurgicale et elle ne peut pas s’occuper seule de leur enfant », déplore Nicole Musslé, du MRAP, qui travaille en collaboration avec le Réseau éducation sans frontières (RESF) sur ce dossier.


Aujourd’hui (15.10.09), un juge des libertés devrait statuer sur cette affaire. Il devra dire si ce citoyen turc en situation irrégulière doit rester en rétention ou s’il peut être assigné à résidence. «Nous espérons qu’il sera assigné à résidence. Cela lui permettrait de retrouver sa famille le temps que le tribunal administratif de Strasbourg se saisisse du dossier », témoigne Nicole Musslé. En pareil cas, la juridiction administrative doit en effet trancher dans les jours qui suivent l’interpellation. Un jugement pourrait ainsi intervenir avant la fin de la semaine. Les avocats du sans-papiers réclameront l’annulation de l’obligation de quitter le territoire, ce qui enclencherait naturellement l’obtention d’une carte de séjour.

 

 

19.10.2009



Un article de Lauranne Provenzano  paru  sur le site web de Jeune Afrique 13/08/2009

 

    Les derniers affrontements entre Chinois expatriés en Algérie et les habitants de ce pays révèlent un malaise entre les deux communautés. Celles-ci sont toutefois condamnées à coexister, au nom de la coopération économique instaurée entre Alger et Pékin.


La tension monte entre la communauté chinoise installée en Algérie et les Algériens. A tel point que la discorde s’est cristallisée, en début de ce mois d’août, dans des affrontements qui ont profondément choqué la population du quartier de Bab Ezzouar, à l'est d’Alger.


Une querelle de voisinage a dégénéré en règlement de comptes à coups de couteau et de matraque, entre une cinquantaine d’Algériens et autant d’immigrés chinois. La raison? Un Chinois avait garé sa camionnette devant l’entrée d’une boutique appartenant à un habitant du quartier et a refusé de la déplacer, tout en proférant des insultes à l’encontre du commerçant.


Bab Ezzouar est surnommée Chinatown en raison de la forte concentration de ressortissants Chinois qui s’y sont installés pour commercer. Depuis quelques années, ils cohabitent tant bien que mal avec la population du quartier. Celle-ci, majoritairement musulmane, reproche à ceux qu’ils avouent parfois considérer comme des intrus, de ne pas s’intégrer et de faire fi des coutumes locales. « On ne peut pas vivre avec eux. Ils boivent de l'alcool et ne respectent pas notre religion. Ils doivent s'en aller », réclamait d’ailleurs un commerçant à la suite des violences.


Après l’incident, la sécurité a été renforcée, et les boutiques chinoises ont rouvert après quelques jours de fermeture. Mais les retombées diplomatiques ne se sont pas fait attendre. « L'ambassade chinoise en Algérie a protesté auprès du gouvernement local et de la police et appelé l'Algérie à calmer la situation, à punir les responsables selon la loi et à éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a indiqué la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu.


L’eldorado algérien

Par ailleurs, l’ambassadeur chinois s’est rendu sur place et a appelé ses compatriotes à respecter les coutumes locales, insistant sur le fait que de telles échauffourées ne devaient pas faire oublier les liens qui unissent Alger à Pékin.


Et pour cause, puisque la seule et unique raison de la présence de près de 30.000 expatriés en Algérie réside dans l’attrait économique incarné par l’eldorado algérien. Le pays a engagé d’immenses travaux de construction, et, depuis cinq ans, fait de plus en plus appel à la Chine pour prendre en main ces chantiers gigantesques de routes, de logements… Aujourd’hui, c’est près de 80% du marché algérien qui est détenu par Pékin, et ce n’est pas prêt de s’arrêter.


Les raisons de ce succès? Des prix les plus attractifs qui soient. Car quand la Chine débarque en Algérie, c’est avec ses ingénieurs, ses matériaux de construction à moindre coût et surtout…sa main d’œuvre très bon marché et docile, toute entière dévouée à son travail, qui dort dans des « bases » accolées aux chantiers et qui n’en sort qu’en bleu de travail.


Concurrence et jalousies

Sauf que, d’année en année, la communauté sinophone s’est enhardie et a poussé jusqu’aux cités commerçantes, où certains chinois recyclés en marchands font désormais concurrence aux boutiquiers algérois. C’est le cas à Bab Ezzouar. Car, sans parler du fossé culturel qui existe entre les deux communautés, les Algériens ne voient pas d’un très bon œil que les immigrés chinois viennent marcher sur leurs plates-bandes. C’est d’ailleurs aussi le cas sur les chantiers de construction où, malgré l’obligation d’embaucher environ 20% d’ouvriers locaux, certains Algériens dénoncent la « vague » chinoise qui rafle les emplois.


Pour les autorités, chinoises comme algériennes, il devient urgent de faire retomber la pression. D’autant que dans le contexte de crise actuel, il est impensable de se priver d’une telle coopération économique, surtout depuis la récente signature par les grandes compagnies pétrolières comme Sinopec (China Petroleum and Chemical Corporation) de gros contrats d’exploitation des hydrocarbures algériens.

 

13.08.2009



Léonard Peltier va vivre intensément l’élection américaine. Car sous administration américaine, il n’y a aucune chance que le cas de cet indien sioux, incarcéré depuis 1976 pour le meurtre de deux agents du FBI, soit réexaminé.

Un article de Richard Sourgnes paru dans le "Républicain Lorrain" du 02.11.08


 « Je suis désolé de ne pas être avec vous aujourd’hui. » Ainsi commence la lettre d’espérance que Léonard Peltier a envoyé à ses amis et soutiens le 11 octobre dernier, comme chaque année journée internationale de solidarité avec les Indiens d’Amérique. Le même jour, sa nièce Kari-Ann Cowan Peltier, membre du LPDC (Leonard Peltier Defense Comittee) était à Paris pour donner de ses nouvelles. Il semble qu’un peu partout, les réseaux de défense de ce Sioux emprisonné depuis février 1996 reprennent du poil de la bête, dans la perspective de voir une autre administration parvenir au pouvoir aux Etats-unis.

Ce n’est pas que Barack Obama ait fait quelque annonce que ce soit. Mais George W. Bush n’est pas un ami des minorités indiennes. Depuis huit ans qu’il est à la présidence des Etats-unis, il s’est totalement désintéressé du cas Peltier - alors que Bill Clinton, avant lui avait fait des promesses, même s’il ne les a pas tenues. Et si McCain lui succède, on suppose que celui-ci continuera sur la même voie.


Leonard Peltier a 64 ans. Il souffre d’arthrite, de diabète, de problèmes cardiaques. Malgré cela il est trimballé d’une prison à l’autre. Qu’a-t-il fait, pour subir pareil traitement? Selon les autorités américaines, en 1975 il aurait tué deux agents du F8I, Ronald William et Jack Cooler, à Oglala (Dakota du Sud). Il a pour cela été jugé et condamné à une double perpétuité. Le problème est que la mort de William et Cooler est survenue dans des circonstances particulières, elle a résulté d'une fusillade générale lors de laquelle Peltier reconnaît avoir tiré, mais pas en direction des deux hommes du FBI.


“Peltier est accusé sans preuves” soutiennent ses défenseurs. Leur conviction est que tout a été fait pour '' criminaliser'' quelqu'un qui, en réalité paie son militantisme en faveur de la cause indienne aux Etats-unis. Dans cette optique, il est le “Nelson Mandela des Indiens”, “le plus ancien prisonnier politique au monde”.


Leonard Peltier militait à l’American Indian Movement. Il s'est fait connaître en organisant diverses manifestations, comme en 1972 la Marche des traités violés, qui déboucha sur l'occupation du bureau des affaires indiennes à Washington. Dès lors, il est dans le collimateur du FBI. En novembre de la même année, il est accusé d'agression contre des agents fédéraux, mais acquitté. L'agitation indienne culmine quelques mois plus tard : en février 1973, des activistes de l’AIM, dont Peltier, occupent trois mois durant le village historique de Wounded Knee. La répression s’abat, confiée aux Goon squaws, milices crées par Dick Wilson, un Indien « collabo »: 80 militants sont assassinés en 1974 et 75. Survient alors en juin 1975,  l’affaire d’Oglala, village où Peltier est hébergé chez des amis. La propriété est encerclée par des Goon, des agents du FBI et des policiers. L’intrusion des agents William et Cooler déclenche une fusillade, à l’issue de laquelle ceux-ci sont retrouvés morts. Des mandats d’arrêt sont lancés contre quatre meneurs indiens dont Leonard Peltier, mais celui-ci s’enfuit au Canada. On en arrête deux autres, Butler et Robideau, Ils sont jugés, mais acquittés faute de preuves, Les autorités US concentrent alors leur hargne sur Peltier, désormais seul accusé du double meurtre. Il est extradé du Canada et jugé à Fargo (Dakota du Nord) où il écope d’une double peine de prison à vie. Il y aura un appel et un autre procès, où le rapport balistique sera jugé “suspect”, mais qui confirmera la sentence.


Depuis, plusieurs demandes de libération ont été déposées. Lors de l’examen d’une d‘entre elles, en 1995, le procureur a admis qu’aucune preuve n’existe contre Leonard Peltier. L’opinion internationale s’est mobilisée, de grands noms - Mandela, Desmond Tutu, le dalaï lama, le Nobel de la paix Rigoberta Menchu - ont réclamé sa remise en liberté.


En Lorraine aussi, des gens manifestent leur solidarité, ainsi l'association Troubadours oubliés et le MRAP ont en 2003 projeté à Marly “Incident à Oglala”, le documentaire réalisé par Michael Apted. En 2006 à Nancy, les artistes Emmanuelle Tonnerieux et Christine Aimé ont dressé un tipi à la Pépinière pour la tenue de trois Nuits Peltier. Le black-out instauré par l'administration Bush n'a pas réussi à imposer 1e si1ence. En janvier 2009, Troubadours oubliés compte organiser une expo-photo sur les Indiens du Dakota, à l'hôtel de Metz. Pendant ce temps, les avocats du prisonnier ont continué leur combat.


En mars dernier, ils ont demandé que soient déclassifiés les 11000 pages de documents détenus par le FBI sur l'enquête consécutive à la fusillade d'Oglala. Et comme en 1993, le bureau fédéral des libérations avait rejeté pour les quinze années à venir tout examen du cas Peltier, il va être possible de faire rouvrir le dossier, possible que Leonard comparaisse à nouveau !


09.11.2008



Un article intéressant de Michel Bôle-Richard, correspondant à Jérusalem du quotidien Le Monde. Diffusé sur le site du quotidien le 19.07.2008.


   Andrew Feinstein n'était jamais venu en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Sud-Africain et juif, il a perdu sa mère et ses dix frères et soeurs dans l'Holocauste. Il a été très impressionné par le mémorial de Yad Vashem et l'évocation d'Auschwitz, où a péri sa famille. Cet ancien député de l'ANC (African national Congress) a également été très marqué par ce qu'il a vu à Hébron : les colons qui insultent et jettent des pierres sur les Palestiniens, qui s'en prennent à cette délégation venue se rendre compte sur place de la réalité des choses. "Comment, au nom du judaïsme, peut-on se comporter de cette manière ? Comment peut-on transformer en ville fantôme un quartier commerçant arabe pour protéger quelques centaines de colons ?", s'interroge-t-il.


Avec un groupe de 22 Sud-Africains, défenseurs des droits de l'homme, membres de l'ANC, magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, blancs, noirs, indiens, une dizaine de juifs, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, du 6 au 10 juillet, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la "barrière de sécurité", rencontré des organisations de défense des droits de l'homme, visité Tel Aviv, tenté d'appréhender le conflit israélo-palestinien. Il ne s'agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l'apartheid que tous ont connu et subi.


"Il n'est pas question de dénier à Israël le droit d'exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j'ai vu", déplore Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l'extension de la colonisation, par "la façon de traiter un peuple comme s'il était de seconde classe, par les pesanteurs de l'occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés".


Geoff Budlender se refuse à "faire l'analogie avec le système d'apartheid", estimant que ce n'est pas "approprié". Mais Barbara Hogan, qui a passé huit ans dans les prisons sud-africaines parce qu'elle protestait contre la ségrégation raciale, a été stupéfaite de constater qu'existaient en Cisjordanie des routes séparées pour les colons et pour les Palestiniens, que ces derniers devaient obtenir des permis de l'administration israélienne pour se déplacer, ce qui lui a rappelé le système des "pass" pour les Noirs en Afrique du Sud.


"Les non-Blancs vivaient dans des zones séparées, mais il n'y a jamais eu en Afrique du Sud de routes séparées, de "barrière de sécurité", de check-points, de plaques d'immatriculation différentes, de cantonnements dans des zones délimitées", s'étonne cette députée de l'ANC. "Tout cela est absurde et je me demande jusqu'où cela va aller, ce que ça va donner", s'interroge Barbara Hogan, qui se dit "choquée" par ce qu'elle a vu dans les rues de Hébron : "l'injustice, la haine, le désespoir". Elle se souvient de "la crainte dans les yeux des enfants", du silence régnant dans les rues du camp de Balata, à Naplouse. "Cette ville est assiégée. Les militaires contrôlent toutes les collines, tous les check-points. On ne peut pas entrer et sortir comme l'on veut. Cela n'a jamais existé en Afrique du Sud", ajoute Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne vice-ministre de la santé et députée de l'ANC.


Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l'occupation, l'importance des restrictions et la volonté d'établir une séparation complète. "La présence de l'armée partout, ces files d'attente aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pire que l'apartheid. Cela ne fait aucun doute. C'est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs, qui n'existaient pas à l'époque. Ce sont des méthodes déshumanisantes", insiste le juge Dennis Davis. Ce n'est pas son premier voyage et il trouve la situation "plus sombre qu'elle n'a jamais été". "J'ai l'impression que nous sommes en 1965 en Afrique du Sud, lorsque la répression s'est intensifiée après la condamnation de Nelson Mandela. Il a passé vingt-sept ans en prison. A Naplouse, Saïd Al-Atabeh (membre du Front populaire de libération de la Palestine, condamné à perpétuité pour des attentats perpétrés en 1977 et qui avaient fait un mort et des blessés) est incarcéré depuis trente et un ans. Après le jugement de Mandela, il a encore fallu vingt ans pour que des sanctions internationales soient imposées contre le régime de l'apartheid. Ici, je ne vois aucune solution en perspective", dit-il.


"Le bout du tunnel est plus noir que noir", renchérit Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times, l'hebdomadaire dominical le plus populaire d'Afrique du Sud, avant d'ajouter : "Nous, nous savions qu'un jour, cela allait se terminer, que les lois de l'apartheid allaient disparaître. Ici, ce n'est pas codifié, c'est l'occupation qui fait que le Palestinien est un être de seconde zone."


Le terme d'"apartheid", considéré comme un outrage en Israël, est utilisé avec précaution par ces hommes et ces femmes qui se souviennent qu'il n'y a pas si longtemps, ils étaient encore qualifiés de "terroristes" par le gouvernement blanc sud-africain, rappelle Barbara Hogan. Ils se refusent aussi à parler de "racisme", de "colonialisme", "car nous ne sommes pas là pour juger mais pour nous informer", se défend Geoff Budlender, qui se déclare surpris de constater que "les Palestiniens veulent encore croire à une solution". "Mais, ajoute-t-il, lorsque vous voyez ce chapelet de colonies sur la route de Naplouse et que vous vous heurtez partout au "mur de séparation", on se dit que cela ne va pas être simple."


Dans l'est de la Cisjordanie, la petite troupe de Sud-Africains s'est rendue à Biddo, à Bilin et à Budrus pour voir de près à quoi ressemble la "barrière de sécurité" dont Dorit Beinisch, président de la Cour"Si vous ne vous dispersez pas, cela sera considéré comme une manifestation et nous devrons agir en conséquence", a lancé au mégaphone le plus gradé. Les Sud-Africains sont repartis écouter les responsables des villages qui leur ont raconté de quelle manière ce qu'ils appellent le "mur de l'apartheid" avait "pourri" leur vie. "Je comprends parfaitement la peur des juifs, mais elle ne peut justifier ce qui se passe", conclut Andrew Feinstein avant d'ajouter : "Et je trouve très triste que cela se fasse au nom du judaïsme." suprême, leur avait dit qu'elle avait permis d'éliminer les attentats-suicides. A peine sur place, le groupe a été prié de reculer à bonne distance par des militaires israéliens arrivés immédiatement à bord de jeeps.

 

20.07.2008

 



Un article d’Alexandre DUYCK paru le 08 juin 2008 dans Le Journal du Dimanche

 

  Il n'est ni tapi dans l'ombre ni camouflé derrière des codes secrets ou des mots de passe introuvables. Il est là, à peine caché, sur la Toile. Aussi incroyable que cela puisse paraître, un "parti national-socialiste français" existe. Pourtant interdit par la loi, ce mouvement tout à la gloire d'Adolf Hitler peut, sur Internet, laisser libre cours à sa haine maladive des juifs.


Que trouve-t-on sur le site du parti nazi, baptisé Phenix? Tout d'abord un portrait d'Hitler et une croix gammée en page d'accueil, un éditorial qui dénonce "la France enjuivée" et se termine ainsi: "Le combat continue! Heil Hitler!" Puis une documentation ahurissante, l'outillage idéal du parfait nazi et/ou révisionniste. Des rubriques surprenantes, telles "la coiffure du national-socialiste" ou la photo d'une jeune blonde posant nue, le bras droit tendu. Mais aussi des textes qui font froid dans le dos, interdits de parution en France, comme Le Protocole des sages de Sion ; des jeux vidéo où l'on tue des juifs ; des chants de la Waffen-SS ; des documents intitulés "Militer en milieu scolaire", "Directives pour la sélection d'une compagne ou d'un compagnon et la procréation", "Le massacre d'Oradour, un demi-siècle de mise en scène", etc...

Le délire de deux ou trois illuminés? Difficile à savoir. Le "parti nazi français", qui serait surtout présent en Alsace, sur la Côte d'Azur, dans le Nord et en Vendée, refuse tout contact avec la presse. En cherchant bien, on trouve un numéro de téléphone et une adresse à Malakoff (Hauts-de-Seine) qui datent de 2006. Impossible de connaître la fréquentation du site, aucun compteur n'apparaissant nulle part. A l'inverse, à chaque message laissé sur le forum de discussions correspond le nombre de consultations: le plus souvent, elles se comptent en centaines. Le message "Bannissement de membres" dépasse, lui, les 2000 lectures.

Les cibles sont toujours les mêmes: juifs, musulmans (de plus en plus), Noirs...


Les renseignements généraux, les policiers de l'Office Central de Lutte contre la Criminalité Liée aux Technologies de l'Information et de la Communication (OCLCLTIC) et la gendarmerie surveillent de près ce site, comme une quinzaine d'autres rédigés en langue française. Au sujet de Phenix, certains policiers se disent tout autant frappés par la violence des propos que par l'actualisation constante, le nombre de documents qu'il recense et l'abondance de photos "d'actes militants" (essentiellement des croix gammées taguées ou collées sur des lieux publics, affiches électorales ou panneaux de signalisation) mises en ligne.

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), qui a entrepris le recensement de tous les sites extrémistes de droite et prévoit la publication d'un rapport sur le sujet d'ici à la fin de l'année, se dit lui aussi impressionné par la quantité de documents que contient le site. "Il est difficilement imaginable qu'une petite poignée de personnes puisse collecter et mettre en ligne autant de fichiers", estime un responsable de l'association. Le MRAP note également que le site renvoie vers 291 sites d'extrême droite, eux-mêmes liés, chacun, à au moins dix autres.

La violence des propos est sidérante, l'obsession antisémite omniprésente. Plusieurs sites dressent une interminable liste de personnalités françaises juives ou supposées telles: hommes politiques, artistes, journalistes... "En termes de racisme, on a longtemps été dans le subliminal, même sur la Toile, souligne un spécialiste de l'Internet. Là, ce n'est plus du tout le cas." Les cibles sont toujours les mêmes: juifs, musulmans (de plus en plus), Noirs... "Caisse de résonance idéale pour les personnes à la marge, que ce soit sexuellement ou politiquement", comme le dit un policier, Internet ici sert de défouloir aux racistes et fait office de lieu de ralliement: des rendez-vous y sont discrètement donnés. "Avant, un nazi qui voulait se faire des amis rencontrait quelques difficultés. Aujourd'hui, en allant sur le Web, il peut se faire plein d'amis en quelques minutes", résume un militant associatif qui réclame l'anonymat - un de ses collègues, moins discret, a reçu des menaces de mort à son domicile.

10.06.2008



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