Iran : la répression continue

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Communiqué de presse du MRAP National
                                 

     Accusé de participation à des rassemblements, de complot contre la sécurité nationale, de propagande contre le régime islamique, d’insulte au président de la République ainsi que de trouble à l’ordre public, l’ancien vice-président iranien Mohamed Ali Abtahi, qui avait exercé ces fonctions sous la présidence Khatami de 2001 à 2005, vient d’être condamné par la justice iranienne à six ans de prison pour sa participation aux manifestations anti-Ahmadinedjad de juin dernier.

                                

Cette condamnation s'inscrit dans la vague de répression violente qui s’est abattue sur l’Iran suite aux manifestations dans tout le pays depuis les élections présidentielles du 12 juin 2009. Selon l'OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture), des milliers de personnes, parmi lesquelles des journalistes, des opposants politiques, des étudiants et des défenseurs des droits de l’homme, ont été arrêtées et détenues arbitrairement, beaucoup d’entre elles au secret et soumises à la torture.

                                

Des condamnations touchant 89 manifestants arrêtés durant le soulèvement ont été prononcées par le département judiciaire de la province de Téhéran le 17 novembre dont cinq condamnations à mort, 81 autres personnes à des peines de prison allant de 6 mois à 15 ans. 140 sont en attente du jugement. Le régime les accuse « d’atteinte à la sécurité nationale », de « propagande contre le système », de « trouble à l’ordre public » et de « guerre contre Dieu » et de « corruption sur Terre ».  Le 3e comité de l’Assemblée générale de l’ONU, dans une résolution adoptée vendredi 20 novembre, se déclare «particulièrement préoccupé » par les « actes de harcèlement, d’intimidation et de persécution, avec notamment arrestation, détention arbitraire ou disparition » des manifestants des couches et groupes divers, du « recours à la violence et à l’intimidation par des milices à la solde du gouvernement » conduisant à « un grand nombre de morts et de blessés », la « tenue de procès collectifs », le « recours présumé aux aveux forcés (…) au viol et à la torture ». Ces condamnations entrent dans une stratégie du régime iranien qui reste déterminé à mettre fin au mouvement de protestation qui se poursuit notamment par des manifestations d'étudiants.

                              

Face à ce harcèlement de l’opposition, le MRAP tient à exprimer sa plus vive inquiétude quant au déroulement des procès et sa condamnation la plus sévère de l’utilisation de la peine de mort et de la torture. Il condamne sans réserve l’instrumentalisation de la justice pour réprimer les exigences démocratiques d’un peuple ou d’une part non négligeable de celui-ci. Excluant toute intervention qui prendrait prétexte de cette situation pour attaquer l’Iran pour des motifs d’une autre nature, condamnant par avance toute ingérence extérieure qui ne ferait que conforter indirectement un régime prêt à en tirer profit, le MRAP, demande néanmoins que des observateurs appartenant à des ONG puissent être admis afin de témoigner le cas échéant de la légalité de la procédure, et du respect des droits de la défense. Il assure les victimes de la répression de son entière solidarité.

                                                                   

Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples

Paris, le 24 novembre 2009.

 


Publié dans Proche et Moyen-Orient

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