Au “Zoo de la joie”, à Gaza, les ânes sont
devenus des zèbres. Comme par enchantement. Véritable attraction locale, les deux zèbres made in Gaza sont désormais des symboles de la vie sous le blocus israélien. “Les zèbres sont de
fabrication locale”, explique tout sourire Mahmoud Barghout, le directeur de Marahland (Joie-land). “Nous prenons un âne et nous lui dessinons des rayures.”
L’opération prend deux jours. Pour réaliser ce tour de passe-passe, on prend du ruban adhésif et de la
teinture pour cheveux en provenance de France, qui, d’après M. Barghout, donne les meilleurs résultats. Les deux imposteurs fixent les visiteurs d’un œil
triste depuis une cage minuscule, envahie de mouches. “Nous n’avions pas les moyens d’acheter de vrais zèbres”, commente M. Barghout. Depuis que le Hamas a pris le pouvoir dans la
bande de Gaza, en 2007, l’enclave palestinienne est soumise à un blocus, Israël et l’Egypte ne laissant passer que des colis humanitaires et des produits de première nécessité.
Des centaines de tunnels de contrebande ont depuis lors été creusés sous la frontière avec l’Egypte. Ils permettent d’acheminer toutes sortes de marchandises, des armes aux voitures en passant
par de l’essence et des jouets. Mais les importations par les tunnels peuvent être coûteuses, et Israël fait monter les prix en bombardant régulièrement ces voies d’approvisionnement. Le lion et
les deux autruches que compte le zoo ont été amenés par les tunnels quand ils étaient petits, mais le coût d’un zèbre serait prohibitif. “Cela nous serait revenu à 30 000 dollars
[20 000 euros]”, précise M. Barghout. En revanche, on peut acheter un âne pour 700 dollars, et ce ne sont pas ces équidés qui manquent dans les rues de
Gaza.
› Extraits d’un article du journal Gulf Time
(Doha) 22.10.2009
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