Le MRAP et le Darfour

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

    Le MRAP exprime avec force son horreur face à l’intensification des exactions commises en toute impunité à l’encontre des populations civiles au Darfour. En 4 ans, près de 500 000 personnes - enfants, femmes et hommes - ont été massacrées dans les conditions les plus effroyables.

Les personnes déplacées, qui ont cherché à fuir cet enfer, sont plus de 3 millions et le nombre de réfugiés, principalement au Tchad, dépasse 300 000. Les 2/3 de la population du Darfour est en grande souffrance et est aujourd’hui en danger de mort. Les actions des milices janjawid, alliées aux forces gouvernementales soudanaises, arrivent jusqu’aux abords des camps pour terroriser les réfugiés et les acteurs humanitaires, pour surprendre les femmes en quête de bois ou d’eau et les violer. Dans ce conflit comme dans tant d’autres, le viol est érigé en arme de guerre et en un instrument du nettoyage ethnique.


Toutes les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies restent lettre morte. Malgré des efforts de l’Union Africaine, la situation reste intolérable et déstabilise les pays frontaliers que sont le Tchad et la République Centrafricaine, risquant de provoquer un embrasement de la région.

Le 15 février 2007, les députés européens ont adopté une résolution qui “invite les institutions de l’UE à appliquer des sanctions visant toute partie, y compris le gouvernement soudanais, qui viole le cessez-le-feu ou s’en prend aux civils, et à mener toute action nécessaire contribuant à mettre fin à l’impunité par l’application du régime de sanction du Conseil de sécurité des Nations Unies qui prévoit des sanctions économiques ciblées , à l’instar des mesures prises par l’UE par le passé à l’égard d’autres pays”. Le Parlement européen souligne que “les sanctions à l’encontre du Soudan devraient également inclure la menace d’un embargo pétrolier”.


Le 27 février 2007, la Cour Pénale Internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de deux responsables des crimes commis au Darfour : Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre de l’Intérieur soudanais et Ali Muhammad Abd Al Raham, commandant janjawid.

Face au refus des autorités soudanaises d’appliquer les résolutions de l’ONU, il est du devoir de la Communauté internationale de réagir, comme elle doit réagir partout dans le monde, à chaque fois que le droit international est bafoué. Pour le MRAP le droit des peuples est un et indivisible

Conformément à la Charte des Nations Unies, il est d’une extrême urgence que l’ONU, en lien avec l’UA, mette en place une force de protection des populations civiles, en application de la résolution 1706, avec ou sans l’accord du gouvernement soudanais et crée des couloirs sécurisés permettant aux organisations humanitaires d’apporter une aide vitale à l’ensemble des populations déplacées.


Pour le MRAP la résolution de la crise au Soudan - et au Darfour en particulier -, passe, comme tous les autres conflits de la planète, par une solution politique, dans le respect du droit international, de la Charte des Nations Unies et des peuples concernés. L’Union Européenne, et la France en particulier doivent contraindre, y compris par des sanctions économiques à l’encontre du gouvernement soudanais , les belligérants à cesser immédiatement les combats. Mais cette pression doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin au conflit. Et, en premier lieu, les ventes d’armes en direction de toutes les parties doivent cesser impérativement.


Les déclarations de principe de la “diplomatie” française ne suffisent plus : refuser de mettre en oeuvre des sanctions reviendraient à une non assistance coupable à un peuple en danger. C’est dans ce sens que le MRAP a signé, avec l’ACAT, le CCFD, et Survie, l’appel un Appel aux autorités françaises et aux présidentiables.


MRAP. Communiqué de Presse. Paris le 29/03/2007


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