Rafles contre les sans-papiers

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Communiqué du MRAP national :

LE MRAP DENONCE L’ESCALADE DANS LES RAFLES CONTRE LES SANS PAPIERS

      Le MRAP se déclare scandalisé par le placement en garde à vue de Madame Valérie Boubozka, directrice d’une école maternelle dans le quartier de Belleville, à Paris. Il demande qu’aucune charge ne soit retenue à son égard. Madame Boubozka a été mise en garde à vue puis relâchée dans la journée de vendredi (23 mars), pour s’être interposée au moment de l’arrestation violente de parents d’élèves sans papiers.

Au début de la semaine, lundi et mardi, des interpellations de parents d’élèves « au faciès », ciblant exclusivement des personnes d’origine asiatique, ont eu lieu dans le sud du 19e arrondissement de Paris. Les personnes arrêtées ont cependant été relâchées sous la pression des autres parents d’élèves. La solidarité a pu ainsi payer. Devant l’école maternelle de la rue Rampal, près du Métro Belleville, la police est intervenue mardi soir au moment de la sortie des enfants en faisant usage de matraques et de gaz lacrymogènes, et deux chiens ont été lâchés sur la petite foule devant le café « Le petit Rampal » proche de l’école. Des enfants ont été traumatisés et ont inhalé du gaz lacrymogène. De nombreux parents d’élèves se sont interposés, tentant d’empêcher le départ des voitures de police.

La directrice d’école, qui a soutenu les parents et a permis aux enfants de retourner dans le bâtiment aux moments des heurts pour les protéger, se voit aujourd’hui reprocher d’avoir commis les délits de « rébellion » et de « dégradation de bien public en réunion ». Ces reproches sont dérisoires et doivent être retirés, selon le MRAP.

Madame Boubozka a été convoquée vendredi matin au commissariat de la rue Eric Satié, dans le 19e arrondissement de Paris, pour témoigner sur ces faits. Mais la convocation a fonctionné comme un « piège », la déposition de son témoignage se transformant en garde de vue. L’intéressée a pu sortir du commissariat vendredi peu avant 16 heures.

De nombreux parents d’élèves prévoient de porter plainte devant l’IGS (Inspection générale des services), lundi matin, pour les violences policières du mardi. Le maire du 19e arrondissement, Roger Madec, a d’ailleurs demandé dans un communiqué au ministre de l’Intérieur « de faire cesser le harcèlement, les contrôles au faciès et les interpellations humiliantes sans justification ». A leur tour, les syndicats d’enseignants dont les deux principales fédérations de l’Education nationale, la FSU et l’UNSA-Education, ont critiqué les récentes opérations policières à proximité ou dans l’enceinte d’établissements scolaires.

Le MRAP soutient l’ensemble de ces protestations, et dénonce le comportement des forces de police allant jusqu’à mettre en cause le bien-être des enfants scolarisés.


Paris, le 23 mars 2007


Publié dans Migrations

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