Le Front National se la joue populo

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Le FN joue la carte populaire en choisissant Lille pour sa convention présidentielle

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'est à Lille, dans le Nord, que le Front national a choisi de tenir, samedi 24 et dimanche 25 février, sa convention présidentielle. Un choix qui ne relève pas du hasard, Jean-Marie Le Pen ayant réalisé au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, un score plus élevé que la moyenne nationale (16,86 %) dans les deux départements de la région, avec 19,42 % dans le Nord et 18,41 % dans le Pas-de-Calais.


L'occasion, donc, ce week-end, d'y promouvoir un programme "national, populaire et social" à l'origine, selon le parti, de son enracinement électoral dans la région."C'est symbolique de faire à Lille cette convention nationale, dans la ville de Pierre Mauroy et Martine Aubry, la ville des trente-cinq heures", explique Philippe Bernard, responsable départemental du Front national dans le Nord. "La gauche a échoué dans le social, la fracture sociale est toujours d'actualité et c'est le FN qui peut y répondre, car c'est le parti du progressisme social. Nous avons un électorat populaire de plus en plus important", a-t-il ajouté.

Carl Lang, vice-président du FN chargé des affaires sociales, juge, pour sa part, "normal" que le discours du FN "trouve un écho plus important dans le Nord qu'ailleurs, étant donné les difficultés de cette région". "Beaucoup d'habitants ont le sentiment d'avoir été abandonnés par les autres partis et trahis par la classe politique", ajoute-t-il pour expliquer le transfert d'électeurs du Parti communiste vers le FN.

Dans certaines villes, comme Dunkerque ou Denain, l'affaiblissement sensible du PCF a en effet directement profité au FN. "L'effet multiplicateur dans la région vient aussi de la présence de candidats charismatiques avec un réseau de militants organisés", analyse Pierre Mathiot, professeur de sciences politiques et directeur de l'IEP de Lille. "Quand ces conditions ont été réunies, alors les scores des candidats frontistes ont été sensiblement plus forts qu'ailleurs", ajoute-t-il.

L'illustration vaut notamment pour la région de Lens, où les souriants trentenaires du parti, Eric Iorio, Marine Le Pen et Steve Briois, ont tous les trois atteint le second tour des dernières législatives, avec plus de 30 % des voix. Au total six candidats FN s'étaient hissés au second tour dans six des trente-huit circonscriptions des deux départements. Dans presque la moitié des circonscriptions du Nord, les candidats frontistes ont passé la barre des 15 % au premier tour, avec une pointe à 24,3 % à Maubeuge.

Source : lemonde.fr avec Reteurs 23.02.2007


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