Selon Le Pen, la population française risque la "submersion"

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle


   
   Pour le président du Front national (FN), il y a deux catégories d'enfants qui naissent sur le territoire français, ceux des familles françaises "de souche" et les autres. Quand "les spécialistes de l'INED (Institut national d'études démographiques) se félicitent que le nombre d'enfants par femme soit passé à deux en 2006", Jean-Marie Le Pen répond qu'"il s'agit là de la fécondité de la totalité des femmes résidant en France et non des femmes d'origine française", ce qu'il déplore en parlant de "substitution de population".

"Le vrai bilan démographique, c'est l'effondrement des naissances françaises", a-t-il expliqué au millier de sympathisants et militants frontistes réunis dimanche 21 janvier, à la Plaine-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, lors d'un "banquet patriotique". "Il y a environ 700 000 naissances d'enfants français de souche, sur un total de 830 000 naissances. Le nombre d'enfants par femme française est donc plus proche de 1,66 que de 2", a-t-il affirmé avant de brandir la menace d'une "submersion".

Pour remédier à ce qu'il appelle une "spirale démographique funeste", le candidat à l'élection présidentielle propose une politique familiale aux antipodes de celles suivies par la gauche et la droite dont il dénonce la "dérive sociale" et "antinationale". Il estime "délirant et surréaliste" le fait d'accorder des prestations familiales à des familles étrangères ou de vouloir favoriser les familles les plus pauvres en plafonnant certaines de ces prestations.

Il propose d'encourager la naissance de petits "Français de souche" en leur réservant les allocations familiales qu'il promet de "revaloriser et d'indexer sur le coût de la vie". Il désire créer "un revenu parental" pour "les mères ou les pères de famille" qui désirent élever leurs enfants à la maison. Celui-ci serait assorti d'un "statut juridique" englobant protection sociale, droit à la formation professionnelle et droit à la retraite. Le président du FN instaurerait également un "prêt familial" permettant aux "familles françaises d'accéder à la propriété" et il favoriserait "l'adoption prénatale".

Enfin, le candidat Le Pen s'engage à demander, par référendum, à la fin du mandat présidentiel, l'inscription dans la Constitution du "caractère sacré de la vie". Un moyen de revenir sur la loi permettant l'interruption volontaire de grossesse. Une loi honnie par la branche catholique du parti, dont plusieurs des représentants (Michel Hubault, Régis de la Croix Vabois, Michel de Rostolan, Miguel de Peyrecave, Michel Bayvet, Christian Baeckeroot et Thibaut de la Tocnaye) participaient, dimanche 21 janvier dans l'après-midi, à "la marche pour la vie" organisée à Paris par le collectif "trente ans ça suffit" pour demander l'abrogation de la loi sur l'avortement.

Un article de Christiane Chombeau, Le Monde 23.01.2007

23.01.2007


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