Les policiers pas très satisfaits de leur ministre

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Le syndicat SGP-FO a mis en ligne son enquête lancée en septembre.
Par Jacky DURAND, Libération du 13.01.2007
  Que pensent les policiers de leurs relations avec les citoyens depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur ? Leurs réponses sont majoritairement défavorables si l'on en juge les résultats du questionnaire mis en ligne sur son site (1), jeudi, par le Syndicat général de la police (SGP-FO) : plus de 73 % des 5 051 policiers ayant répondu à la consultation estiment que leurs rapports avec la population ne se sont pas améliorés depuis cinq ans.

A la question «Pensez-vous que les rapports avec la jeunesse se sont améliorés depuis cinq ans, en particulier après la crise des banlieues et du CPE ?», les policiers qui se sont manifestés sont 88,93 % à répondre non (et 2,34 % oui ).
De cette consultation, il ressort également que l'image de la police nationale dans la société civile ne s'est pas améliorée pour 77,18 % des policiers, et que les conditions d'intervention sur la voie publique se sont plutôt dégradées (76,54 %).

Ce questionnaire met également en évidence une insatisfaction largement majoritaire chez les policiers sur leurs conditions de travail : près de 70 % des avis pointent une détérioration liée à la dangerosité du métier, aux horaires et à la qualité des matériels. Les policiers sont en revanche plus nuancés sur les rapports avec leur hiérarchie : 33,14 % répondent qu'ils se sont plutôt améliorés alors que 39,57 % affirment qu'ils se sont plutôt dégradés.

Concernant la communication intensive de Nicolas Sarkozy depuis la place Beauvau, 48,06 % des répondants estiment que «la très forte médiatisation du ministre de l'Intérieur depuis cinq ans» n'est pas utile à la profession de policiers contre 31,16 % de favorables. Enfin, 65,41 % des policiers pensent que la police est un métier d'avenir contre 25,60 % qui pensent le contraire, mais 59,17 % ne le conseilleraient pas à leurs enfants (26,27 % le feraient).

En septembre 2006, soit deux mois avant les élections professionnelles dans la police, le SGP-FO avait lancé ce questionnaire dans les commissariats afin de «prendre le pouls» des policiers en espérant «plusieurs milliers de réponses» des 120 000 policiers français à qui il avait garanti l'anonymat.

  (1) voir site http://www.sgp-fo.com

Publié dans Citoyenneté

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