L'ONU adopte à l'unanimité des sanctions contre l'Iran

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Le texte, approuvé à l'unanimité par le Conseil de sécurité, interdit "la livraison, la vente ou le transfert" à l'Iran de matériel nucléaire sensible ou de missiles balistiques.
   Après deux mois de dures négociations, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé samedi 23 décembre à l'unanimité la résolution imposant des sanctions à l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.

Les sanctions portent sur les programmes nucléaire et balistique de l'Iran
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Dans une résolution adoptée à l'unanimité et numérotée 1737, le Conseil décide que tous les Etats doivent "empêcher la livraison, la vente ou le transfert directs ou indirects à l'Iran (...) de tout matériel, équipement, bien et technologie qui puisse contribuer" aux activités de l'Iran dans les domaines nucléaire et balistiques sensibles.

La résolution définit strictement ces activités comme étant "l'enrichissement d'uranium et le retraitement, les projets liés aux réacteurs à eau lourde et le développement des vecteurs de lancement d'armes nucléaires".
Le texte a pour objectif de pousser Téhéran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium et à reprendre les négociations avec la communauté internationale. En cas de violation, le texte prévoit un gel des actifs appartenant aux compagnies et individus répertoriés par l'ONU comme participant à ces programmes.

Bush et Poutine "d'accord"
Au cours d'un entretien téléphonique, le président américain George W. Bush et son homologue Russe Vladimir Poutine avaient convenu samedi de l'"importance" de maintenir une "position commune" sur la question du programme nucléaire iranien.
Les deux dirigeants sont "tombés d'accord sur la nécessité d'aller de l'avant avec une résolution du Conseil de sécurité", a ajouté la Maison Blanche dans un communiqué.
Le projet définitif a été proposé vendredi soir par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, qui souhaitaient un vote dans la foulée. Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont toutefois demandé à faire valider le texte par leur gouvernement.

Ambiguïtés éclaircies
Pour emporter l'adhésion de la Russie, engagée avec l'Iran dans la construction de la centrale de Bushehr (sud de l'Iran), les diplomates onusiens ont expliqué vendredi qu'ils avaient éclairci les ambiguïtés du texte et éliminé les références aux questions non couvertes par la résolution.
Avant la présentation du texte, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Tchourkine avait regretté que certaines organisations suspectées de participer à la prolifération aient été placées sur la liste des acteurs soumis à des sanctions financières "sans même qu'il soit prouvé que c'est le cas".
Son homologue britannique Emyr Jones Parry a répondu que la liste de 11 organisations et 12 individus susceptibles de voir leurs avoirs gelés n'avait pas été modifiée. En revanche, deux paragraphes prévoyant le gel "immédiat" des avoirs ont été retirés.
Ce vote met un terme à deux mois de négociations serrées aux Nations unies entre les tenants d'un texte dur (Etats-Unis), les opposants à des sanctions immédiates (Russie et Chine) et les partisans d'une ligne intermédiaire (France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Série de mesures incitatives
Les six pays négociant avec l'Iran sur son programme nucléaire (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie, Chine et Etats-Unis) avaient proposé en juin à Téhéran une série de mesures économiques et politiques incitatives si le régime des mollahs acceptait un moratoire sur son programme d'enrichissement de l'uranium.
Téhéran ayant refusé de suspendre son programme à la date-butoir du 31 août fixée par le Conseil de sécurité, Paris et Londres avaient fait circuler fin octobre un projet de résolution qui a été maintes fois modifié depuis.
L'Iran affirme développer un programme nucléaire à des fins uniquement civiles et rejette les accusations des Etats-Unis, qui le suspectent d'avoir des intentions militaires. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a répété à plusieurs reprises que des sanctions internationales n'empêcheraient pas son pays de poursuivre son programme.


avec source AP, dans Nouvelobs.com, 23.12.2006


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