Malgré des progrès, le bilan de santé de l'Afrique reste "dramatique"

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

    Pour la première fois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publie, lundi 20 novembre, un rapport consacré à la santé des Africains (hors Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Soudan, Djibouti et Somalie). Premier constat, fait par le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, cité par l'OMS :"L'Afrique doit faire face à la crise de santé publique la plus dramatique de la planète, mais le rapport montre qu'il existe des solutions de santé publique qui donnent des résultats concluants dans le contexte africain."

En effet, si se soigner en Afrique relève souvent de l'impossible, l'OMS note que des progrès ont cependant été réalisés, notamment sur l'accès aux soins. Le sida, par exemple, continue de ravager un continent qui rassemble 11 % de la population et 60 % des séropositifs du monde. Mais, l'OMS relève qu'aujourd'hui, plus de huit cent mille Africains reçoivent des médicaments antirétroviraux, soit huit fois plus que fin 2003.

Un habitant sur deux de l'Afrique subsaharienne n'a pas l'accés à l'eau potable.

Même évolution en ce qui concerne le paludisme, l'Afrique concentrant 90 % des cas mondiaux. Trente-trois des quarante-deux pays du continent concernés par cette maladie ont désormais recours au traitement le plus efficace, l'artémisinine, fait valoir l'OMS. Quant à la rougeole, le nombre de décès est en baisse de 90 % depuis 1999, alors que plus de 60 % de la population bénéficie d'un vaccin dans trente-sept pays de la région. Voyant "partout des signes tangibles" de progrès, l'OMS souligne que des maladies comme la lèpre ou la poliomyélite sont en passe d'être éradiquées.

Mais l'organisation n'en oublie pas pour autant de rappeler la communauté internationale à ses devoirs. "La région pourra peu à peu, moyennant une aide internationale suffisante, relever les défis colossaux auxquels elle doit faire face", prévoit-elle. Car si des progrès ont été effectués, de nombreux obstacles restent encore à surmonter. L'OMS s'alarme notamment des taux élevés de mortalité de la mère et du nouveau-né. Sur les vingt pays de la planète présentant les taux de mortalité maternelle les plus élevés, dix-neuf sont en Afrique.

Le continent enregistre, en outre, le taux le plus élevé de mortalité néonatale du monde. Pour une partie importante de la population, les besoins d'assainissement de base ne sont toujours pas satisfaits : seuls 58 % des habitants de l'Afrique subsaharienne ont accès à l'eau potable, relève l'OMS. En outre, les maladies cardio-vasculaires et le diabète progressent, et les accidents figurent toujours parmi les principales causes de décès dans la région.


  Source : LEMONDE.FR avec AFP


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