Le HCR tire la sonnette d'alarme au Tchad

Publié le par MRAP Moselle


 Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a mis l'accent sur la propagation des violences ethniques dans l'est du Tchad, où plus de 220 villageois ont été tués la semaine dernière et où des milliers de personnes ont dû fuir leurs foyers.

Des villages entiers ont été rasés dans des secteurs limitrophes de la province soudanaise du Darfour, une région grande comme la France où 200.000 personnes sont mortes dans des affrontements depuis plus de trois ans.

"Des conflits ethniques éclatent des deux côtés de la frontière, à la fois au Tchad et au Soudan. L'intensité et la brutalité de ces attaques sont inquiétantes", a déclaré lors d'un point de presse à Genève le porte-parole du HCR, William Spindler, qui a dit craindre une extension des troubles à toute la région.

Des volontaires humanitaires ont pu se rendre dans la région de Koukou et ont constaté qu'au moins un village, Louboutigué, avait été incendié et rayé de la carte. Ses habitants ont pu se réfugier au camp de Habilé, qui atteint le maximum de sa capacité d'accueil.

"Sur la route entre Louboutigué et Habilé, la mission a vu des dizaines de gens qui fuyaient avec leurs maigres biens", précise le HCR dans un communiqué. "Les gens vulnérables, comme les personnes âgées, se cachent dans la savane", ajoute-t-il.

Jeudi, le HCR a estimé que 220 villageois négro-africains avaient probablement péri depuis le week-end dernier dans les attaques menées par des cavaliers arabes dans l'est du Tchad.

L'ombre des "Djandjaouid"

Les attaques contre au moins sept villages de la province de l'Ouaddaï, frontalière de celle du Darfour, au Soudan, ont été conduites par quelque 200 cavaliers armés accompagnés de deux Toyota, avait précisé à Reuters un employé humanitaire en contact avec ses collègues sur le terrain.

Des miliciens janjaweeds, à Mistiria, au Darfour

Ces affrontements faisaient suite à des accrochages entre communautés arabe et négro-africaine qui ont fait quelque 140 morts la semaine dernière dans la province voisine de Salamat, en lisière de la Centrafrique.

Les violences semblent liées à celles qui ensanglantent depuis 2003 le Darfour voisin, où des miliciens arabes connus sous le nom de "djandjaouid" (janjaweed) sont accusés de massacrer le populations négro-africaines avec l'assentiment présumé du gouvernement de Khartoum.

Vendredi 10 novembre, Louise Arbour, Haute Commissaire des Nations unies pour les Droits de l'homme (HCDR), a invité dans un communiqué le gouvernement soudanais à désarmer les milices du Darfour-Ouest tenues pour responsables des violences qui ont fait plus de 50 morts il y a deux semaines.

Les agences humanitaires réclament le déploiement dans la région d'une force internationale pour éviter que le conflit du Darfour ne continue à déborder dans les pays voisins, y compris en Centrafrique où des rebelles vraisemblablement venus du Soudan ont pris la semaine dernière la ville de Birao.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a, par ailleurs, annoncé avoir été contraint de cesser ses opérations humanitaires au Darfour en raison de l'attitude d'obstruction du gouvernement de Khartoum. "La fermeture était notre dernière option", a expliqué Tomas C. Archer, secrétaire de cette ONG. "(...) Il nous est impossible de travailler lorsque les autorités nous suspendent continuellement et ne répondent pas à nos demandes répétées de dialogue".

Source : Agence de Presse Reuters

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