Référendum en Suisse : un oui qui veut dire non

Publié le par MRAP Moselle

   Appelés à se prononcer dans le cadre du référundum organisé dimanche 24 septembre, 68 % des Suisses se sont déclarés pour une loi plus sévère à l’égard de l’immigration. 67,8%  ont également approuvé un durcissement des conditions d’accès au droit d’Asile. Les résultats des 26 cantons de la Suisse vont tous dans le même sens.       
Le président du premier parti suisse, Ueli Maurer s’est déclaré satisfait du résultat de ce référendum. Son parti, l’Union Démocratique du Centre, premier parti suisse, présente en effet un programme visant tout particulièrement les "abus" du droit d’asile et un durcissement des lois en matière d’immigration.
Avec cette nouvelle loi, les demandes déposées par des sans papiers seront rejetées sans examen. Pour ces déboutés du droit d’asile, une aide d’urgence de 604 euros sera proposée, somme considérée comme un minimum vital par les associations. L’aide sociale en faveur des déboutés du droit d’asile est supprimée.

La détention des déboutés dits "récalcitrants" passera à 18 mois au lieu des neufs mois actuels.

Tout étranger non européen qui ne serait pas recruté pour un poste de travail précis se verrait interdire d’entrée en Suisse. Cette entrée est conditionnée par la preuve de qualifications professionnelles particulières et qu'aucun travailleur suisse ni européen n'a été trouvé pour occuper le poste en question.
Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a regretté l'adoption d'une législation plus restrictive sur l'asile. Il se dit très préoccupé par l'obligation faite aux demandeurs d'asile de présenter un passeport valable.
«Nous sommes déçus, d'autant plus que les demandes d'asile sont à leur niveau le plus bas depuis 20 ans en Suisse», confie le porte-parole du HCR William Spindler. Et d'ajouter: "La Suisse a adopté l'une des législations les plus restrictives en Europe et d'autres pays pourraient suivre".
Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que cette nouvelle loi sur l’immigration est "démodée". Selon lui, "la distinction opérée dans la nouvelle loi sur les étrangers entre Européens et non-Européens est artificielle dans une économie globalisée".

Amnesty International a pour sa part annoncé qu'elle surveillera de près l'application des lois.


L'organisation des droits de l'homme veillera notamment à ce que les promesses des partisans du "oui", notamment envers les requérants qui n'auraient plus de passeports, soient tenues. Pour Amnesty International, il s'agit d'un "dimanche noir pour le droit de l'asile en Suisse".
Mais il est bien entendu que cette majorité de Suisses qui a approuvé le durcissement des conditions d’accueil de migrants approuverait tout naturellement la poursuite sans conditions de l’accueil des capitaux étrangers…



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