Immigration subsaharienne, un communiqué d'ATTAC Maroc

Publié le par MRAP Moselle

Les dramatiques évènements survenus il y a quelque mois, lors de tentatives de franchissement par des migrants subsahariens de la barrière édifiée par l'Espagne à Melila, a montré la place prise par le Maroc dans le problème des flux migratoires vers l'Europe.

Un accord sur l'externalisation du contrôle de ces flux par le Maroc, permet à l'Europe, en échange d'une aide financière de faire "sous-traîter" ce problème par les autorités marocaines. Cette sous-traîtance ne se fait pas sans de graves atteintes aux droits humains. Des associatons marocaines s'inquiètent du sort des migrants subsahariens. La section marocaine d'ATTAC dénonce cette situation.

   A plusieurs reprises, Attac Maroc a été alertée sur l’extrême précarité dans laquelle vivent de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile au Maroc.

Le Maroc, signataire de la Convention de Genève, est pourtant tenu d’assurer aux demandeurs d’asile et aux réfugiés un traitement de protection et l’accès aux droits fondamentaux des personnes humaines : santé, éducation, liberté de circulation, accès au travail et à des ressources stables.

Au lieu de quoi, non seulement de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile ne se voient délivrer ni carte de séjour ni carte de travail, mais, comme l’ensemble de la communauté migrante subsaharienne, ils sont en butte aux arrestations, reconduites à la frontière, lâchage en plein désert, expulsions ou menaces d’expulsions, violences policières... et se voient refuser le plus souvent l’accès aux soins, à la scolarité de leurs enfants, à un emploi et la liberté de circuler.

Le Maroc a accepté que l’Union Européenne externalise sur son territoire le contrôle des flux migratoires et la gestion des demandes d’asile, mais il n’a pris aucune disposition pour que ces personnes puissent jouir, sur le territoire marocain, de l’ensemble de leurs droits, en tant que personnes ou en tant que réfugiés.

Ce faisant, le Bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés, installé à Rabat, cautionne une politique qui va à l’encontre du droit de tout demandeur d’asile à choisir le pays auprès duquel il veut déposer sa demande. Et il s’avère impuissant à faire respecter par le Maroc ses obligations d’accueil et de protection.

C’est pourquoi Attac Maroc, sensible aux souffrances que vivent les demandeurs d’asile et les réfugiés et indignée par la situation de non-droit dans laquelle ils sont placés et les nombreuses exactions qu’ils subissent,
• dénonce l’ensemble des dispositions anti-migratoires mises en place conjointement par l’Union européenne et le Maroc,
• dénonce l’insécurité permanente dans laquelle vivent les migrants et les migrantes au Maroc et toutes les formes de répression dont ils sont victimes,
• rappelle que les droits fondamentaux de la personne humaine, tels qu’ils sont explicités dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sont applicable à tous et en tous lieux et que le Maroc a donc obligation, de les respecter, tant pour ses propres ressortissants que pour toute personne étrangère se trouvant sur son territoire.
• demande la réhabilitation du droit d’asile et le respect des obligations de protection dues aux réfugiés et demandeurs d’asile et exige la cessation immédiate de tout refoulement ou expulsion à leur encontre.

Attac Maroc continuera de soutenir le combat mené par les personnes migrantes et leurs associations en vue de la reconnaissance pleine et entière des droits qui sont les leurs."


Attac Maroc Secrétariat National 14 septembre 2006

voir site ATTAC Maroc (essentiellement en arabe, plusieurs articles en français)


Publié dans Migrations

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