Autriche : avancée de l’extrême droite

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle


    Dimanche 20 septembre 2009, l’extrême droite de ce pays a doublé son score aux élections régionales du Vorarlberg, région la plus occidentale de l’Autriche aux frontières de la Suisse et de l’Allemagne. Les deux partis qui la constituent ont réuni ensemble plus de 26 pour cent des voix, le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche) obtenant à lui tout seul 25,2 %. Aux dernières élections en 2004, l’extrême droite avait encore totalisé un peu moins de 13 %.


Ce succès fait suite à une campagne au cours de laquelle le FPÖ a laissé libre cours à l’expression du racisme, sous toutes ses formes.


Au mois d’août, la coalition du FPÖ avec le ÖVP (Parti du peuple autrichien) - la droite classique - a été rompue. Jusqu’ici, le parti d’extrême droite avait participé au gouvernement régional. Mais fin août 2009, son chef régional, Dieter Egger, en avait fait trop. Il avait frontalement attaqué le directeur d’un musée du judaïsme de la région, en fustigeant « ces juifs exilés qui viennent d’Amérique ». Dans un pays où l’antisémitisme a été historiquement très fort - forçant de nombreux citoyens à fuir des persécutions voire l’extermination -, ces paroles ont libéré un ressentiment dangereux qui ne faisait que sommeiller.


Par ailleurs, le FPÖ avait opté, cette année, pour une campagne d’affichage agressive. Son contenu était très largement dirigé contre les immigrés : « Halte à la fausse tolérance - La langue allemande est un devoir - Pas d’interprètes en Turc - Pas de mosquées ! » Le candidat tête de liste, Dieter Egger, faisait aussi des discours où il dessinait « le danger » que « dans 40 ou 50 ans, les musulmans deviennent majoritaires dans notre pays ».


C’est avec ces éléments que le chef de file régional du FPÖ, jusque-là réputé relativement insignifiant, a réussi à faire parler de lui et à se créer une audience. Il aura fini par faire un tabac électoral.

Ce même week-end, des membres du FPÖ ont défilé, dans la région autrichienne de Carinthie, au Mont Ulrich (Ulrichsberg) où sont enterrés des criminels de guerre nazis. Pour la première fois, cette année, aucune délégation de l’armée autrichienne ne participait à « l'hommage aux héros morts ». Seul le FPÖ avait décidé de mobiliser. Le parti d’extrême droite aura, encore une fois, montré son vrai visage.


La lutte contre l’extrême droite, dans toute l’Europe, est une nécessité qui dépasse toute frontière.


22.09.2009

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