Parrainage républicain à BEHREN (Moselle-Est)

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle


Le Républicain Lorrain du 19/06/06.
Page Région de Forbach.
Article de J.B.



























"Parrainage républicain" à la mairie de Behren

Après Metz et Woelfling-lès-Sarreguemines, c'est à la mairie de Behren-Iès-Forbach que s'est déroulée samedi une opération de "parrainage républicain". 15 élus sont devenus les parrains de 29 enfants sans-papiers menacés d'expulsion.

Notre pays est un grand et beau pays où il y a de la place pour vous, et je suis prêt à vous aider pour que vous puissiez y rester », a promis Roland Metzinger à Safa, Mohamed et Myriam. Des mots réconfortants, généreux qui sont allés droit au cœur des trois filleuls de cet élu socialiste de Freyming-Merlebach. Les enfants sans-papiers et leurs familles, menacés d'expulsion, espèrent que ces paroles ne seront pas vaines... Samedi après-midi, à l'ombre de Marianne et du drapeau tricolore, s'est déroulée à la mairie de Behren une cérémonie de "parrainage républicain" organisée par le Réseau éducation sans frontières.

29 enfants sans-papiers, tous domiciliés et scolarisés dans l'Est mosellan, originaires des quatre coins du monde (Angola, Maghreb, Europe de l'Est...) ont été parrainés par 15 élus de l'arrondissement. Des hommes et des femmes, pour  la plupart étiquetés socialistes. Comme Carmen Harter-Housselle, conseillère municipale à Forbach, marraine de deux petits Angolais de 11 et 7 ans dont les parents sont réfugiés politiques. « Je trouve totalement anormal que des familles qui se sont intégrées chez nous soient renvoyées dans leurs pays » estime-t-elle.

« Ce n'est pas normal que des enfants puissent être en souffrance dans une position d'incertitude totale », surenchérit le conseiller général Laurent Kalinowski. Son collègue Paul Bladt est lui aussi devenu parrain: « c'est une démarche qui doit m'engager avec vous pour que dans l'avenir vous soyez heureux! ». « Je suis Français d'origine étrangère, j’ai quatre enfants. Chez nous, quand il y en a pour quatre, il y en a pour six! », lance fièrement un conseiller behrinois pour expliquer son soutien à ces enfants.

« Accueillis par la République »

Acte symbolique ce parrainage ? « C'est un engagement moral », insiste Nicole Musslé, présidente du MRAP de Moselle-Est, très active au sein du Réseau éducations sans frontières. « Les parrains se portent garants de la sécurité des enfants et de l'application de la convention internationale des droits de l'enfant, signée en 1989 et ratifiée en 1990. Très heureuse que la mairie de Behren ait accepté « de donner une solennité à cette cérémonie », Nicole Musslé rappelle combien il est important pour ces personnes « qui vivent depuis des mois et des années la peur au ventre, d'être reçues officiellement dans un hôtel de ville. Aujourd'hui, c'est la République qui les accueille ! »  Le parrainage permet de manifester sa solidarité envers ces enfants de réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés, emprisonnés, en danger. « Ils ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République. » Le parrainage apporte réconfort et reconnaissance, « il brise aussi l'isolement de ces enfants et leur expulsion éventuelle devient dès lors plus délicate. C'est donc une façon de les protéger. »

Après Metz, Woefling-lès-Sarreguemines, Behren était le 3e parrainage organisé par le Réseau. « Un 4e aura lieu à Thionville la semaine prochaine », annonce Nicole Musslé. « j'espère que nous sortirons gagnant de ce combat », ajoute-t-elle, appelant à la plus grande vigilance à l'approche de la fin de l'année scolaire. « On sait très bien que le couperet va tomber en juillet », affirme-t-elle. La circulaire Sarkozy, « juste un effet d'annonce », ne concernerait « que 2 à 5 % des enfants en si-tuation irrégulière. Cela reste trop minime. »

Originaire d'Azerbaïdjan, Arthur, 17 ans, arrivé depuis un an en France et scolarisé au collège de Sarralbe, vit avec sa mère, d'origine arménienne. Le père est décédé, et la famille a été obligée de quitter la Russie. « Nous espérons que ce parrainage va nous aider », confie le jeune garçon, qui ne connaissait pas un mot de français à son arrivée ici. « Je suis bien intégré, j’ai de nombreux camarades, ce n'est pas possible de revenir chez nous. » Chaque matin, Arthur et sa maman se lèvent avec la crainte d'être expulsés. « On sait que cela peut arriver n'importe quand. Notre dernier recours a été refusé. »

J.B.

Légende photo :
Quinze élus ont choisi de parrainer 29 enfants sans-papiers. Un geste citoyen afin que la reconnaissance des droits de l'enfant devienne réalité et permette à ces jeunes garçons et filles d'envisager l'avenir avec plus de sérénité et de stabilité.

Publié dans Revue de Presse

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