Non aux expulsions des enfants sans papiers scolarisés !

Publié le par MRAP Fédération de Moselle



    Bientôt les vacances scolaires. Pour tous, parents et enfants c'est une période attendue avec satisfaction. Pour tous ? Non, pas pour tous et en particulier pas pour les enfants scolarisés dont les parents sont des migrants  à qui le droit à l'asile, à l'accueil dans ce pays est refusé et qui se retrouvent sans papiers.

Le 30 juin prochain, la période de suspension provisoire des expulsions s'achève. Le Ministre de l'Intérieur Sarkozy est clair sur ses intentions. A cette date, les fonctionnaires sont sommés d'appliquer les directives, d'effectuer les mesures d'expulsion et…avec zèle, s'il vous plaît !

Pour Sarkozy la période est propice. L'attention est portée sur les vacances, les réactions face à ces expulsions ont moins de chance d'être importantes. C'est sans compter sur la mobilisation qu'entend mener le Réseau Education Sans Frontières (RESF), un collectif d'associations et d'organisations qui refusent ces expulsions des enfants et de leurs parents.

RESF a donc décidé d'appeler la population à agir contre ces expulsions. Une pétition nationale est proposée à la signature. Cette pétition intitulée « nous les prenons sous notre protection » peut être signée en ligne sur le site national de RESF à l'adresse suivante :
http://www.educationsansfrontieres.org/

Par ailleurs le Réseau a lancé une campagne de parrainage républicain en demandant à des élus de tous bords d'être les parrains d'enfants susceptibles d'être expulsés.

En Moselle, RESF 57 a réalisé un premier parrainage républicain à Woelfling près de Sarreguemines (voir ci-dessous l'article du quotidien Le Républicain Lorrain consacré à ce parrainage).

D'autres parrainages seront réalisés le 13 juin sur l'agglomération messine et à Audun le Tiche.



Article de Philippe Marque - Républicain Lorrain du 26/05/2006 (photo le RL)

Parrainage républicain  
Quatre élus au secours de vingt-et-un enfants sans-papiers 

C'est une première dans le Grand Est. Vingt-et-un enfants menacés d'expulsion ont fait l'objet hier d'un parrainage républicain à Woelfling, près de Sarreguemines. Quatre élus socialistes ont accepté de les soutenir. Pour le meilleur et pour le pire. 
 
" Maintenant que j'ai un parrain, je me sens comme tous les autres enfants." Nesrine est une adorable petite algérienne âgée de 10 ans. Hier, cette fille scolarisée en classe de CM1 a serré bien fort contre elle l'attestation que lui a remis Denis Peiffer, conseiller municipal d'opposition à Sarreguemines. Un bout de papier qui ne remplacera jamais celui qu'elle attend de la Préfecture depuis cinq ans. Mais qui lui a tout de même fait chaud au coeur.

En compagnie de vingt autres
enfants âgés de 4 mois à 17 ans, cette gamine s'est retrouvée au centre d'une cérémonie inhabituelle célébrée à Woelfling les Sarreguemines.
"Ce parrainage républicain est une première dans le Grand Est. Il concerne des jeunes issus de six
familles menacées d'expulsion à la fin de l'année scolaire. Elles sont en bout de parcours. Logées par le 115, elles proviennent d'Algérie, de Mauritanie, du Sri Lanka, du Kosovo ou de Biélorussie ", se félicite Nicole Musslé. Responsable du MRAP sur Sarreguemines, elle est la grande instigatrice de cette opération lancée par le Réseau Educations Sans Frontières.

Un acte symbolique

D'où l'idée de les faire reconnaître comme citoyens à part entière de la France par un élu. Un geste qui n'a aucune valeur légale. "C'est purement symbolique mais cela implique tout de même un engagement moral. L'objectif est de leur redonner un peu de dignité et de leur montrer qu'ils ne sont plus considérés comme des parias. Ils ont commencé à se reconstruire un avenir en France et méritent que les valeurs de la République leur donnent le droit à la liberté et à la vie avec nous", poursuit cette militante qui n'a pas hésité à prendre son bâton de pèlerin pour aller frapper à la porte d'une quarantaine d'élus de Moselle-Est. Seuls quatre, estampillés à gauche, ont relevé le défi.

"C'est une position difficile à prendre dans un contexte où l'immigration n'est pas vue d'un bon oeil. Mais il faut avoir le courage de ses opinions. On ne peut pas avoir une conception oppressive et inhumaine face à ces jeunes. Ce genre de geste devrait dépasser tout clivage politique", confient Denis Peiffer et Michaël Weber, conseiller régional et maire de Woelfling. "Les humains ne sont pas des marchandises qu'on utilise et qu'on jette", souligne Gilbert Maurer, conseiller général du canton de Bitche et maire de Goetzenbruck. "En tant que maman, je ne supporterai pas qu'on traite mes enfants comme ça", précise Danièle Laval, conseillère municipale d'opposition à Sarreguemines.

Des paroles qui sont allées droit au coeur des familles concernées. "On se rend compte qu'on n'est plus seuls et on se sent protégés. Peut-être que cela va inciter les autorités à regarder de plus près notre situation", espère Aissata, une Mauritanienne mère de deux enfants en bas âge. Dans quelques mois, elle aura la réponse.

31.05.2006

Publié dans Citoyenneté

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