Le MRAP, un mouvement en action

Publié le par MRAP Moselle

Le racisme d'aujourd'hui prend des formes diverses et complexes, les champs d'intervention pour le combattre sont donc multiples et de différentes natures.

1. Le MRAP intervient sur le plan juridique pour rappeler que le racisme (en actes comme en paroles) n'est pas l'expression d'une simple opinion mais un délit sanctionné par la loi. En déposant des plaintes et en se constituant partie civile aux côtés des victimes des discriminations, il veille au respect de la législation contre le racisme composée de Loi de 1972 -que le MRAP a contribué à faire voter par le Parlement- renforcée par la loi de 1990.

D'autre part, grâce à ses permanences d'accueil , le MRAP aide les populations immigrées dans leurs démarches administratives et défend les victimes d'actes ou de propos racistes. De plus, le MRAP siège à la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme, qui établit chaque 21 mars un rapport sur le racisme en France.

2. Le MRAP privilégie les actions préventives « d'éducation à la citoyenneté » et développe un « antiracisme de proximité ». Quand il n'est pas théorisé, et il l'est rarement, le racisme exprime très souvent une souffrance. « Un raciste est quelqu'un qui se trompe de colère » et le punir par la loi ne fait qu'accentuer sa colère et son sentiment raciste. Dialoguer avec lui, essayer de lui montrer le danger de son discours, l'irrationalité de ses arguments et de ses analyses, est de notre point de vue une démarche essentielle. Le raciste doit prendre conscience que derrière ce qu'il croit être des problèmes ethniques se cachent en réalité des problèmes sociaux.

En tant qu'Association d'Education Populaire, le MRAP considère l'action pédagogique comme un axe majeur de son combat contre le racisme et la xénophobie.

Chaque année, nos militants répondent à des milliers de demandes d'information, participent à des débats, colloques, conférences à l'initiative d'associations, syndicats, municipalités, services jeunesse, missions locales, centres culturels et sociaux, organes de presses, etc.

La majorité de ces actions préventives se fait en direction des élèves, car l'école reste un des piliers de la construction de la personnalité et de la citoyenneté. Le MRAP intervient ainsi chaque année à la demande des enseignants, des parents ou des élèves eux-mêmes, notamment dans le cadre de la Semaine nationale d'Education contre le Racisme, autour du 21 mars.

Lors de ces interventions, ainsi que lors de toutes nos manifestations culturelles, notre objectif reste le même : briser les préjugés vis-à-vis de « l'Autre » et montrer que la diversité est signe de richesse. Le MRAP dispose pour cela d'une solide expérience et d'un matériel pédagogique qui a fait ses preuves : expositions, brochures, cassettes vidéo, jeu de Loi ...


3. L'égalité des droits entre tous les citoyens reste la revendication centrale du MRAP. Le MRAP milite pour que les étrangers résidents fixés légalement, les jeunes nationaux issus de l'immigration bénéficient de droits égaux à ceux des autres citoyens de France. Chacun ne contribue-t-il pas aux activités économique, sociale et culturelle du pays ? La citoyenneté est donc pour nous un concept dynamique -le citoyen est un être en devenir- à l'opposé de celui de la nationalité, fixé et figé à la naissance.

L'égalité à la Citoyenneté, cela signifie bien entendu la lutte contre toutes les formes de discrimination raciale dans tous les domaines : aux loisirs, à la formation, à l'école, à l'embauche, au logement, etc.

Mais ce combat se situe également sur un plan politique : les discriminations les moins visibles mais peut-être les plus graves consistent à priver certaines parties de notre population de leur citoyenneté. C'est pourquoi le MRAP milite pour une régularisation globale des « sans papiers », mais aussi pour le droit de vote des étrangers et la mise en place d'une autre politique de l'immigration.

4. Reconnu par l'ONU qui lui a conféré un statut consultatif, le MRAP participe à de nombreuses commissions en faveur des Droits de l'Homme à New York ou Genève pour faire entendre et respecter les droits des peuples et des individus. Mais notre activité internationale se caractérise également par des actions concrètes de solidarité envers les populations opprimées, pour l'autodétermination des peuples, pour la paix entre les peuples.

Les questions de paix, de liberté d'installation et de circulation, de flux migratoires ne pourront trouver de réponses globales, durables et réalistes que par la suppression du terrible déséquilibre de richesses. Nous devons pour cela commencer par annuler « la dette » des pays du Tiers-Monde.

Publié dans Citoyenneté

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