La Cimade dénonce "l'industrialisation" des centres de rétention

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

"De l'absurdité aux drames", c'est le jugement porté par la Cimade, dans son rapport 2006 sur les centres et les locaux de rétention administrative, sur "la politique du chiffre" menée par le gouvernement, selon l'organisation d'accueil et de défense des étrangers et des immigrés, depuis 2003.


   Dénonçant la transformation du dispositif de rétention en France et son "industrialisation", la Cimade estime en effet que l'allongement de la durée maximum de rétention (de 12 à 32 jours), l'augmentation du nombre comme de la taille des centres (de 789 places fin 2002 à plus de 1 500 en 2006) et les quotas fixés par le ministère de l'Intérieur aux préfectures, en termes de reconduites à la frontière, ont fait peu à peu glisser la rétention "vers une logique d'internement, transformant progressivement ces lieux en camps".  Et de citer, à l'appui de ce constat, l'ouverture de nouveaux centres de rétention en 2006 à Toulouse-Cornebarrieu, Marseille et Plaisir et en 2007à Rennes et Metz.
  
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Plus généralement, "l'atteinte à la dignité des personnes et les dénis d'humanité sont devenus quotidiens dans les centres de rétention", poursuit la Cimade, seule association présente dans ces lieux depuis 1985 pour accompagner les étrangers en instance d'expulsion.
  
"Examen superficiel des situations individuelles dans les services préfectoraux, incapacité ou refus des administrations de réexaminer des situations présentant des erreurs manifestes, procédures accélérées et décisions précipitées...", autant d'éléments qui conduisent au placement en rétention et souvent au renvoi de parents d'enfants français, de femmes enceintes, de malades, d'enfants, de vieillards, de demandeurs d'asile, s'insurge le service oecuménique d'entraide.
  
Evoquant en particulier le cas des futurs Européens qu'étaient en 2006 les ressortissants roumains et bulgares, la Cimade affirme que c'est aux dépens de ces deux nationalités que plus d'un quart des reconduites à la frontière a été réalisé l'an dernier.
  
Multipliant les exemples de cas particuliers, l'association nourrit son rapport de nombreux témoignages circonstanciés, qui viennent s'ajouter aux données chiffrées recueillies au cours d'entretiens avec avec les étrangers placés en rétention administrative, d'où l'avertissement de la Cimade qui souligne que son travail, sans prétention scientifique, relève plus "d'une photographie de la rétention administrative que d'une étude sur une population donnée".
  
La Cimade a ainsi réalisé un descriptif détaillé de chaque centre de rétention, l'ensemble de ces fiches constituant l'essentiel des 200 pages de ce rapport, qui comprend aussi des annexes reproduisant notamment les dispositions légales de la rétention administrative.

  
voir site de la Cimade


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