Touche pas à mon ADN !

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

Une pétition contre les tests ADN

   En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

a-Touche-pas----mon-ADN.gif Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.

 

 
Premiers signataires :

Isabelle Adjani, actrice
Raymond Aubrac, ancien résistant
François Bayrou, président du Modem
Bertrand Delanoe, maire de Paris
Laurent Fabius, ancien Premier ministre
Dan Franck, écrivain
René Frydman, professeur de gynécologie-obstétrique
Raphaël Haddad, Président de l'UEJF
François Hollande, premier secrétaire du PS
Axel Kahn, généticien
Lionel Jospin, ancien Premier Ministre
Bernard-Henri Lévy, philosophe
Jack Lang, député et ancien Ministre
Pierre Mauroy, ancien Premier ministre
Jean-Claude Mailly
Jeanne Moreau, actrice
Amélie Nothomb, écrivain
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Michel Rocard, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, présidente de Région
Jorge Semprun, écrivain, homme politique espagnol
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Francis Spizner, avocat à la cour
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT
Lilian Thuram, footballeur professionnel
Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

 
Pétition à signer en ligne et liste complète des signataires sur le site : http://www.touchepasamonadn.com/

 


Publié dans Citoyenneté

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