La bande de Gaza au bord de l'asphyxie

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

   Si le régime de blocus continue comme aujourd'hui, Gaza risque de devenir une communauté 100 % dépendante de l'aide internationale, isolée et refermée sur elle-même", prévient Filippo Grandi, numéro deux de l'UNRWA, l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens.
Pour le responsable onusien, la bande de Gaza, désormais sous contrôle du Hamas, se retrouvera bientôt menacée d'implosion économique si les pays limitrophes n'ouvrent pas leurs frontières. Depuis la mi-juin, Israël et l'Egypte n'autorisent que le passage de l'aide humanitaire, protestant contre la mainmise du Hamas.

 

Pour les 1,4 million de résidents de la bande de Gaza, les conséquences économiques sont dramatiques. D'après les données du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), le manque à gagner s'élève dans l'industrie à 23 millions de dollars (près de 17 millions d'euros) depuis juin, soit un demi-million de dollars par jour en moyenne. Les projets d'investissements sont également suspendus. L'organisme onusien estime que dans le seul domaine de la construction, l'équivalent de 160 millions de dollars sont gelés. 


Crise globale. 

Tous les secteurs économiques de la bande de Gaza sont touchés, plus particulièrement ceux qui dépendent des importations de matières premières, comme l'industrie du bois, le bâtiment ou le textile, dont certaines entreprises ont temporairement fermé.   

Bande-de-Gaza.jpgL'Association des hommes d'affaires palestiniens relève également qu'au moins cent vingt mille personnes supplémentaires risquent de perdre leur emploi. Il y a deux semaines, la Fédération des industries palestiniennes a fait état du licenciement de soixante-dix mille des cent vingt mille salariés du secteur privé dans le territoire, ce qui porte le taux officiel de chômage au-dessus de 40 %.


La paralysie du secteur agricole inquiète aussi l'ONU, car les fermiers de Gaza doivent faire face à un dilemme. Faut-il investir pour la prochaine saison des semences et employer des laboureurs, alors qu'il n'y a aucune garantie sur la possibilité d'exporter leurs récoltes ? "Si l'agriculture est paralysée, Gaza va en payer le prix fort : plus de 13 % de la force de travail du territoire est impliquée dans ce domaine.", craint M. Grandi, numéro deux de l'UNRWA.

 

C'est pourquoi il exhorte l'Autorité palestinienne, Israël et les autres pays limitrophes à rouvrir les points de passage, sous peine de voir se développer à Gaza des "conséquences désastreuses, une atmosphère de désespoir favorable au développement de l'extrémisme".

 
Source : Le Monde 09.08.2007

 

 


Publié dans Proche et Moyen-Orient

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