Pour un Kyoto des migrants

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle


Plusieurs présidents des associations membres du collectif Migrant, pas esclave ! ont signé un manifeste réclamant l’application de la Convention des Nations Unis protégeant les droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille. Ils interpellent le Président de la République.  


Pour un Kyoto des migrants !
La France veut-elle des travailleurs migrants sans droits ?

Comme d’autres pays européens, elle n’a toujours pas ratifié

la convention des Nations unies. 


      En ce début de XXIe siècle, partout dans le monde, des travailleurs migrants font encore - et toujours - l’objet de discriminations, d’exploitations, de violences graves : situations de travail indignes, traitements physiques et psychologiques dégradants, conditions parfois proches de l’esclavage, violations ou spoliations des droits économiques, sociaux et familiaux. Pour garantir sur la planète le respect des droits fondamentaux de tous les travailleurs, l’assemblée générale des Nations unies a adopté, le 18 décembre 1990, une convention internationale, entrée en vigueur en juillet 2003.

 
Cette convention, pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, offre un socle minimum de dispositions légales fondées sur la notion d’égalité de traitement comme de droits, et de non-discrimination des migrants par rapport aux travailleurs nationaux. Elle figure parmi les grands instruments internationaux de protection des droits de l’homme, et 36 pays, répartis sur tous les continents, l’ont ratifiée.

 

affiche-th.gifMalheureusement, au sein de l’Union européenne, et malgré les recommandations répétées de son Parlement, aucun Etat ne l’a encore ratifiée. Or, dans de nombreux pays européens, dont la France, vont avoir (ou ont) lieu des débats qui touchent directement à la situation et aux droits fondamentaux des travailleurs migrants, sans que ces normes internationales aient été intégrées. En France, c’est donc l’occasion, pour le président de la République, qui vient d’être élu, de soumettre au Parlement la ratification de cette convention internationale protégeant les droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, et, pour les parlementaires, d’inscrire leurs débats dans un cadre respectueux de cette convention.

 

La France s’est récemment engagée en faveur d’une protection internationale contre les changements climatiques en incitant les Etats les plus réticents à signer le protocole de Kyoto. Pourquoi ne serait-elle pas en première ligne, parmi les Etats de l’Union européenne, pour une protection internationale des droits des travailleurs migrants offerte par cette convention des Nations unies qui donne à l’existence humaine et sociale des garanties au moins aussi fondamentales que celles de vivre dans un environnement sain et soutenable ?

 Dans ce cadre, les associations signataires appellent : Monsieur le président de la République française à engager au plus vite le processus de ratification par la France de la convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille ; Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs à approuver la ratification de cette convention dès la session extraordinaire de l’été 2007. Nous espérons en cet engagement pour qu’il n’y ait jamais, en France comme ailleurs, de travailleurs de «deuxième classe».


La France doit ratifier la convention des Nations unies relative aux droits des travailleurs migrants.

Les Président(e)s des associations membres du collectif Migrant, pas esclave ! : 

- Fouzia Maqsoud, Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)
- Patrick Peugeot, (Service œcuménique d’entraide)
- Gustave Massiah, CIMADE, Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID)
- Renzo Fior, Emmaüs international
- Christophe Deltombe, Emmaüs France
- Chansamone Voravong, Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations (Forim)
- Nathalie Ferré, Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) ;
- Jean-Pierre Dubois, Ligue des droits de l’homme (LDH ;
- Mouloud Aounit, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)   

 
> Voir le site du collectif  Migrant, pas esclave !

 

17.07.2007

 


 

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