Libye: peine de mort confirmée pour les infirmières bulgares

Publié le par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle

   Le procureur de la cour suprême de Libye a requis mercredi la confirmation de la peine de mort à l'encontre de cinq infirmières et d'un médecin médecin d'origine palestinienne (qui vient d'obtenir la nationalité bulgare) condamnés pour contamination d'enfants par le sida, et qui avaient fait appel.

"Les preuves ont été établies et montrent clairement l'implication des photos_infirmi__res_bulgares-1.jpgaccusés dans l'inoculation délibérée du virus du sida aux enfants", a-t-il lancé, avant que le président de la Cour  n'annonce la mise en délibéré du verdict au 11 juillet.

Mais un responsable de la Fondation Kadhafi, très impliquée dans les négociations entre l'Union européenne et les familles des victimes, a affirmé mercredi à l'AFP qu'un règlement de l'affaire serait annoncé vendredi. "Un communiqué sur un compromis entre les familles des enfants victimes du virus du sida et l'Union européenne sera publié vendredi", a affirmé ce responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.

Par ailleurs, le porte-parole des familles des enfants, Idriss Lagha, a affirmé à l'AFP qu'un accord avec l'Union européenne interviendra "dans moins d'une semaine sur le montant des compensations qui seront versées aux familles".

En cas de compromis financier, une confirmation de la condamnation à mort n'aurait aucune valeur, selon Idriss Lagha. Elle serait alors commuée en peine de prison par le conseil supérieur des instances judiciaires, la plus haute instance judiciaire, selon des sources libyennes.

Les condamnés pourraient alors purger leur peine dans leur pays d'origine, la Libye et la Bulgarie étant liées par un accord d'extradition.

Il s'agissait du dernier recours pour les six Bulgares accusés d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi (1.000 km à l'est de Tripoli), dont 56 sont décédés. Ils s'affirment innocents et sont appuyés par les témoignages d'experts internationaux, dont le codécouvreur du virus du sida Luc Montagnier.

Cependant leur sort est surtout tributaire des tractations euro-libyennes en cours en vue du paiement de compensations financières aux familles des enfants contaminés. Le procès a eu lieu à la veille d'un sommet de l'Union européenne, dont des émissaires sont venus récemment en Libye.

La peine capitale avait été prononcée en première instance en 2004, puis confirmée fin 2006.

Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova étaient arrivées en Libye dans les années 1990, espérant mieux y gagner leur vie qu'en Bulgarie. Quant au médecin Achraf Joumaa Hajouj, il effectuait un stage dans un hôpital libyen au moment de son arrestation.

Campagne de soutien aux infirmières, voir le site d'ECPM

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