Pétition
Appel pour une émission sur les migrations à France Télévisions
Que savons-nous de l’histoire des migrations, alors qu’une grande partie d’entre nous affirme ses
origines « étrangères » ?
Que savons nous de la réalité actuelle des migrations internationales, de leur volume, de leurs points de départ et de leurs destinations ?
Que savons-nous de ce qui pousse des femmes, des hommes et des enfants sur les chemins de l’exil, au moment où des réfugiés « environnementaux » viennent grossir les rangs de ceux qui fuient la guerre ou la misère ?
Que savons nous, à l’heure de la mondialisation, de l’impact des mouvements migratoires sur les économies ?
Que connaissons-nous de la diversité des vies, des souffrances et des espoirs de ceux qui ont choisi notre pays comme terre d’accueil ?

Que savons-nous des effets concrets des réglementations adoptées en France et en Europe ?
De leur efficacité pour atteindre les objectifs mis en avant par les pouvoirs publics ?
De leurs conséquences sur les parcours et les vies des migrants ?
Parler « sans-papiers », expulsions, quotas, ne suffit pas pour informer sur la réalité de ce phénomène mondial, encore moins pour nourrir valablement le débat citoyen.
Parler discrimination, racisme, diversité ne suffit plus pour combattre les « replis communautaires », d’autant plus que cette expression est souvent employée à tort et à travers.
Pour que la question de l’immigration en France sorte de l’ornière de l’utilisation démagogique et fasse enfin l’objet d’un débat digne et responsable.
Nous, associations, syndicats, journalistes, chercheurs, élus, citoyens de toutes origines, demandons à France Télévisions d’assumer pleinement sa responsabilité de service public d’information. Nous demandons qu’une émission régulière sur le thème des migrations soit mise rapidement à l’antenne sur l’une des chaînes généralistes de ce groupe.
Premiers signataires :
Association les Oranges, Centre d’Information et d’Etudes sur les migrations internationales (CIEMI), CIMADE, Collectif Bellaciao, GISTI, Ligue des Droits de l’Homme, MRAP, Syndicat National des Journalistes-CGT
Que savons nous de la réalité actuelle des migrations internationales, de leur volume, de leurs points de départ et de leurs destinations ?
Que savons-nous de ce qui pousse des femmes, des hommes et des enfants sur les chemins de l’exil, au moment où des réfugiés « environnementaux » viennent grossir les rangs de ceux qui fuient la guerre ou la misère ?
Que savons nous, à l’heure de la mondialisation, de l’impact des mouvements migratoires sur les économies ?
Que connaissons-nous de la diversité des vies, des souffrances et des espoirs de ceux qui ont choisi notre pays comme terre d’accueil ?

Que savons-nous des effets concrets des réglementations adoptées en France et en Europe ?
De leur efficacité pour atteindre les objectifs mis en avant par les pouvoirs publics ?
De leurs conséquences sur les parcours et les vies des migrants ?
Parler « sans-papiers », expulsions, quotas, ne suffit pas pour informer sur la réalité de ce phénomène mondial, encore moins pour nourrir valablement le débat citoyen.
Parler discrimination, racisme, diversité ne suffit plus pour combattre les « replis communautaires », d’autant plus que cette expression est souvent employée à tort et à travers.
Pour que la question de l’immigration en France sorte de l’ornière de l’utilisation démagogique et fasse enfin l’objet d’un débat digne et responsable.
Nous, associations, syndicats, journalistes, chercheurs, élus, citoyens de toutes origines, demandons à France Télévisions d’assumer pleinement sa responsabilité de service public d’information. Nous demandons qu’une émission régulière sur le thème des migrations soit mise rapidement à l’antenne sur l’une des chaînes généralistes de ce groupe.
Premiers signataires :
Association les Oranges, Centre d’Information et d’Etudes sur les migrations internationales (CIEMI), CIMADE, Collectif Bellaciao, GISTI, Ligue des Droits de l’Homme, MRAP, Syndicat National des Journalistes-CGT
Pour signer cet appel, cliquez sur le lien suivant : http://www.bellaciao.org
par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle
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Migrations
Communiqué de presse diffusé par Amnesty International à l’occasion de la publication de son rapport annuel 2007.
Rapport 2007
La politique de la peur crée un monde dangereusement divisé
Des gouvernements puissants et des groupes armés suscitent délibérément la peur afin de porter atteinte aux droits humains et de créer un monde de plus en plus divisé et dangereux, a déclaré aujourd'hui Amnesty International à l'occasion de la sortie de son Rapport 2007 qui, comme les précédents rapports annuels de l'organisation, dresse un état des droits humains dans le monde.
En adoptant des politiques à court terme qui encouragent les peurs et créent la division, certains gouvernements sapent l'État de droit et les droits humains, entretiennent le racisme et la xénophobie, divisent les populations, augmentent les inégalités et sèment les germes de nouvelles violences et de futurs conflits», a déclaré Irene Khan, la secrétaire générale d'Amnesty International.
La politique de la peur crée une situation où les atteintes aux droits humains se multiplient, où aucun droit n'est sacré et où plus personne n'est en sécurité.
La "guerre contre le terrorisme" et la guerre en Irak, avec toutes les atteintes aux droits humains qui les accompagnent, ont créé de profondes divisions qui, en rendant plus difficiles la résolution des conflits et la protection des civils, nuisent aux relations internationales.»
Trop souvent la communauté internationale, méfiante et divisée, s'est révélée impuissante ou a manqué de volonté devant les grandes
crises des droits humains qui se sont déroulées au cours de l'année 2006, qu'il s'agisse des conflits en Tchétchénie, en Colombie ou à Sri Lanka, déjà relégués au second plan, ou des crises très
médiatisées du Moyen-Orient.L'ONU a mis plusieurs semaines avant de rassembler la volonté nécessaire pour appeler à un cessez-le-feu dans le conflit au Liban, qui a fait quelque 1200 morts parmi les civils. La communauté internationale n'a fait preuve d'aucun courage dans son approche des drames engendrés par les sévères restrictions au droit de circuler librement imposées aux Palestiniens dans les territoires occupés, par les attaques sans discrimination menées par l'armée israélienne et par les combats que se sont livrés certains groupes palestiniens.
Le Darfour est une blessure ouverte qui ensanglante la conscience du monde. Le Conseil de sécurité est entravé par la méfiance et par le double langage de ses membres les plus puissants. Le gouvernement soudanais a pris le dessus sur les Nations unies. Entre-temps, 200 000 personnes sont mortes et plus de deux millions d'autres ont été déplacées. Et les attaques des milices s'étendent maintenant au Tchad et à la République centrafricaine», a ajouté Irene Khan.
Prospérant dans une zone d'instabilité qui s'étend des frontières pakistanaises jusqu'à la Corne de l'Afrique, des groupes armés ont pu affûter leurs armes avant de se lancer dans des atteintes massives aux droits humains et de bafouer sur une grande échelle le droit international humanitaire.
Tant que les gouvernements ne prêteront pas attention aux rancœurs que ces groupes exploitent, tant qu'ils ne manifesteront pas la volonté nécessaire pour obliger réellement ces groupes à rendre compte des violences qu'ils ont commises et qu'ils ne seront pas eux-mêmes prêts à rendre des comptes, l'avenir des droits humains s'annoncera sombre», a encore déclaré Irene Khan.
En Afghanistan, la communauté internationale et le gouvernement afghan ont laissé passer l'occasion qui leur était offerte de construire un État basé sur les droits humains et la primauté de la loi, exposant le peuple à l'insécurité chronique, à la corruption et, de nouveau, aux talibans. En Irak, les forces de sécurité ont incité à la violence intercommunautaire au lieu de la contenir, l'appareil judiciaire s'est révélé très mal adapté à la situation, et les pires des pratiques du régime de Saddam Hussein – torture, procès inéquitables, condamnations à mort, viols – sont demeurées très courantes et étaient toujours appliquées en toute impunité.
Dans de nombreux pays, un programme politique basé sur la peur renforce les discriminations, élargit le fossé entre les possédants et les démunis, entre "eux" et "nous", et laisse sans aucune protection les personnes les plus touchées par la marginalisation», a ajouté Irene Khan.
Rien qu'en Afrique, des centaines de milliers de personnes ont été expulsées de chez elles sans aucun respect de la procédure – souvent au nom du progrès et du développement économique – et sans qu'aucune indemnisation ou aucun autre logement ne leur soient proposés.
En Europe occidentale, des dirigeants politiques ont joué sur la peur d'une immigration incontrôlée pour
Le fossé entre musulmans et non-musulmans s'est accentué, aggravé par les stratégies antiterroristes discriminatoires adoptées par certains pays occidentaux. Dans toutes les régions du monde, les manifestations d'islamophobie, d'antisémitisme et d'intolérance ainsi que les attaques contre les minorités religieuses ont augmenté.
En Russie, de nombreux crimes ont été commis par haine des étrangers et, dans toute l'Europe, les Roms étaient victimes de ségrégation et d'exclusion, signe de l'incapacité flagrante des autorités à combattre le racisme et la xénophobie.
L'accentuation des clivages et le renforcement des peurs sur le thème de la sécurité nationale ont réduit les possibilités de tolérance et d'expression d'une opinion dissidente. Partout dans le monde, de l'Iran au Zimbabwe, de nombreuses voix qui ont voulu se faire entendre sur les droits humains ont été contraintes de se taire en 2006», a déclaré Irene Khan.
La liberté d'expression a été étouffée de manière très diverse : en Turquie, des écrivains et des défenseurs des droits humains ont été poursuivis en justice ; aux Philippines, des militants ont été assassinés ; en Chine, les défenseurs des droits humains ont été soumis à une surveillance et à un harcèlement constants, et souvent emprisonnés ; en Russie, la journaliste Anna Politkovskaïa a été assassinée et des modifications ont été apportées à la réglementation relative aux organisations non gouvernementales. Internet est devenu le nouveau territoire à défendre dans la lutte pour le droit à la dissidence, dès lors que les militants se faisaient arrêter et que les entreprises s'alliaient avec les gouvernements de pays tels que la Chine, l'Iran, la Syrie, le Viêt-Nam et la Biélorussie pour restreindre l'accès aux informations en ligne.
La répression «à l'ancienne» a été remise au goût du jour dans des pays comme l'Égypte, sous le prétexte de lutte contre le terrorisme, tandis que des lois antiterroristes à la formulation vague faisaient planer une menace sur la liberté d'expression au Royaume-Uni.
Cinq ans après le 11 septembre 2001, l'année 2006 a encore une fois montré que le gouvernement des
États-Unis considère le monde entier comme un gigantesque champ de bataille pour sa «guerre contre le
terrorisme» : il enlève, arrête, place arbitrairement en détention et torture des suspects, et les transfère en toute impunité d'une prison secrète à une autre, d'un bout du monde à l'autre, en
procédant à ce qu'il appelle les «restitutions extraordinaires».Rien n'a mieux décrit la mondialisation des violations des droits humains que la "guerre contre le terrorisme" menée par les États-Unis et leur programme de "restitutions extraordinaires", auquel ont participé les gouvernements de pays aussi éloignés les uns des autres que l'Italie et le Pakistan, l'Allemagne et le Kenya.
Des stratégies antiterroristes mal pensées se sont révélées peu efficaces en matière de réduction des menaces ou de justice aux victimes, et très dommageables pour les droits humains et l'état de droit.»
Amnesty International a demandé aux gouvernements de ne pas céder à la tentation d'utiliser la politique de la peur et d'investir dans des institutions de défense des droits humains et dans l'état de droit, aux niveaux national et international.
Il y a des signes d'espoir. Des institutions européennes ont déclenché un mouvement favorable à la transparence et à l'obligation de rendre des comptes sur les "restitutions". Grâce à l'action de la société civile, l'ONU a accepté d'élaborer le texte d'un traité sur le contrôle des armes classiques. Dans un certain nombre de pays, de nouveaux dirigeants et de nouvelles assemblées législatives ont maintenant la possibilité de redresser la barre et de remplacer ceux dont l'action, ces dernières années, a été lourde de conséquences pour les droits humains. Aux États-Unis, un Congrès ayant une nouvelle composition pourrait ouvrir la voie et montrer l'exemple, en rétablissant le respect des droits humains à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Tout comme la lutte contre le réchauffement climatique requiert une action mondiale fondée sur la coopération internationale, l'érosion des droits humains ne pourra être stoppée qu'à l'aide de la solidarité mondiale et du respect du droit international», a ajouté Irene Khan.
Amnesty International
Londres, 23.05.2007
> voir le site d'Amnesty International France : http://www.amnesty.fr/
par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle
publié dans :
Actualités
ACAT France, ADDE, Amnesty International, ANAFÉ, CIMADE,
GISTI, LDH, MRAP, SAF, Syndicat de la Magistrature
GISTI, LDH, MRAP, SAF, Syndicat de la Magistrature
Lettre ouverte au ministre de l’immigration
Monsieur Brice Hortefeux
Ministre de l’Immigration,
101 rue de Grenelle
75007 Paris
Paris, le 22 mai 2007
Objet : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme parce qu’elle ne respecte pas ses obligations en matière de droit à des recours suspensifs.
Monsieur le ministre,
Vous vous êtes rendu samedi à la zone d’attente des personnes en instance (ZAPI) de l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy. Nous nous réjouissons de l’intérêt que vous manifestez ainsi pour les lieux où des étrangers sont maintenus dans l’attente d’être admis sur le territoire français, ou, ce qui est plus souvent le cas, d’être refoulés.
Il se trouve justement que, le 26 avril 2007, dans une décision rendue à l’unanimité, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour la façon dont elle renvoie les étrangers menacés dans leur pays d’origine, en exigeant que les personnes susceptibles de voir leur vie ou leur intégrité menacée aient « accès à un recours de plein droit suspensif » .
Si la France est aujourd’hui condamnée par la CEDH concernant la procédure d’asile à la frontière, considérablement durcie ces dernières années, cette condamnation va bien au-delà.
En effet, la France ne peut plus continuer à violer comme elle le fait les droits fondamentaux inscrits dans la Convention européenne des droits de l’homme qu’elle a ratifiée, tels que le droit à la vie (article 2 de la Convention), le droit à ne pas subir de tortures ou de traitements inhumains ou dégradants (article 3), mais également le droit au respect de la vie privée et familiale (article 8).
Depuis maintenant une quinzaine de jours, des juges des libertés et de la détention du Tribunal de grande instance de Bobigny et de Créteil (compétents pour l’aéroport de Roissy et d’Orly et leurs zones d’attente) tirent les conséquences de l’arrêt de la Cour européenne : ils constatent que la législation française n’est pas conforme et refusent de voir violée plus longtemps la Convention européenne. Ils rejettent donc les demandes de prolongation de maintien en zone d’attente et les étrangers demandeurs d’asile qui comparaissent devant eux sont admis sur le territoire français afin que leur demande de protection soit examinée selon la procédure normale.
Pour autant, la France continue de violer de façon délibérée et répétée la Convention européenne, en s’empressant de renvoyer les demandeurs d’asile d’où ils viennent avant qu’ils ne passent devant le juge -parfois avant même leur placement en zone d’attente (à la suite de contrôles dits « passerelles ») -, en éloignant des étrangers malades ou ceux invoquant des menaces, avant toute décision juridictionnelle.
L’arrêt de la CEDH a trouvé un écho mercredi 11 mai dernier avec une nouvelle condamnation de la France, celle du Comité contre la torture des Nations Unies cette fois, pour violation de l’article 3 de la Convention contre la torture des Nations Unies qui interdit à tout Etat partie de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la torture.
Aujourd’hui, la France est donc dans l’obligation urgente de modifier sa législation et ses pratiques, et d’offrir un recours automatiquement suspensif devant le juge à tout étranger susceptible de voir sa vie, sa liberté, son intégrité physique et mentale, ou sa santé menacée à la suite d’un refus d’entrée et de séjour en France, d’une expulsion ou d’une interdiction du territoire.
Or, à ce jour, en droit français, seules les procédures concernant la reconduite à la frontière et l’obligation de quitter le territoire français respectent ce principe, du moins en métropole. Tel n’est pas le cas pour les refus d’entrée avec renvoi dans le pays de provenance, les refus de séjour au titre de l’asile, les arrêtés de réadmission Dublin II dans un autre Etat membre de l’Union européenne, les arrêtés d’expulsion, ni pour les décisions fixant le pays de renvoi (presque toujours celui dont l’étranger a la nationalité) après une interdiction du territoire ou autre mesure d’éloignement.
Les organisations signataires demandent donc :
- que cessent immédiatement les mesures de refoulement et d’éloignement d’étrangers tant qu’un juge ne s’est pas prononcé sur leur bien fondé,
- que soit adoptée une modification législative qui instaure un recours de plein droit suspensif sur l’ensemble des mesures d’éloignement.
Monsieur Brice Hortefeux
Ministre de l’Immigration,
101 rue de Grenelle
75007 Paris
Paris, le 22 mai 2007
Objet : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme parce qu’elle ne respecte pas ses obligations en matière de droit à des recours suspensifs.
Monsieur le ministre,
Vous vous êtes rendu samedi à la zone d’attente des personnes en instance (ZAPI) de l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy. Nous nous réjouissons de l’intérêt que vous manifestez ainsi pour les lieux où des étrangers sont maintenus dans l’attente d’être admis sur le territoire français, ou, ce qui est plus souvent le cas, d’être refoulés.
Il se trouve justement que, le 26 avril 2007, dans une décision rendue à l’unanimité, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour la façon dont elle renvoie les étrangers menacés dans leur pays d’origine, en exigeant que les personnes susceptibles de voir leur vie ou leur intégrité menacée aient « accès à un recours de plein droit suspensif » .
Si la France est aujourd’hui condamnée par la CEDH concernant la procédure d’asile à la frontière, considérablement durcie ces dernières années, cette condamnation va bien au-delà.
En effet, la France ne peut plus continuer à violer comme elle le fait les droits fondamentaux inscrits dans la Convention européenne des droits de l’homme qu’elle a ratifiée, tels que le droit à la vie (article 2 de la Convention), le droit à ne pas subir de tortures ou de traitements inhumains ou dégradants (article 3), mais également le droit au respect de la vie privée et familiale (article 8).
Depuis maintenant une quinzaine de jours, des juges des libertés et de la détention du Tribunal de grande instance de Bobigny et de Créteil (compétents pour l’aéroport de Roissy et d’Orly et leurs zones d’attente) tirent les conséquences de l’arrêt de la Cour européenne : ils constatent que la législation française n’est pas conforme et refusent de voir violée plus longtemps la Convention européenne. Ils rejettent donc les demandes de prolongation de maintien en zone d’attente et les étrangers demandeurs d’asile qui comparaissent devant eux sont admis sur le territoire français afin que leur demande de protection soit examinée selon la procédure normale.
Pour autant, la France continue de violer de façon délibérée et répétée la Convention européenne, en s’empressant de renvoyer les demandeurs d’asile d’où ils viennent avant qu’ils ne passent devant le juge -parfois avant même leur placement en zone d’attente (à la suite de contrôles dits « passerelles ») -, en éloignant des étrangers malades ou ceux invoquant des menaces, avant toute décision juridictionnelle.
L’arrêt de la CEDH a trouvé un écho mercredi 11 mai dernier avec une nouvelle condamnation de la France, celle du Comité contre la torture des Nations Unies cette fois, pour violation de l’article 3 de la Convention contre la torture des Nations Unies qui interdit à tout Etat partie de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la torture.
Aujourd’hui, la France est donc dans l’obligation urgente de modifier sa législation et ses pratiques, et d’offrir un recours automatiquement suspensif devant le juge à tout étranger susceptible de voir sa vie, sa liberté, son intégrité physique et mentale, ou sa santé menacée à la suite d’un refus d’entrée et de séjour en France, d’une expulsion ou d’une interdiction du territoire.
Or, à ce jour, en droit français, seules les procédures concernant la reconduite à la frontière et l’obligation de quitter le territoire français respectent ce principe, du moins en métropole. Tel n’est pas le cas pour les refus d’entrée avec renvoi dans le pays de provenance, les refus de séjour au titre de l’asile, les arrêtés de réadmission Dublin II dans un autre Etat membre de l’Union européenne, les arrêtés d’expulsion, ni pour les décisions fixant le pays de renvoi (presque toujours celui dont l’étranger a la nationalité) après une interdiction du territoire ou autre mesure d’éloignement.
Les organisations signataires demandent donc :
- que cessent immédiatement les mesures de refoulement et d’éloignement d’étrangers tant qu’un juge ne s’est pas prononcé sur leur bien fondé,
- que soit adoptée une modification législative qui instaure un recours de plein droit suspensif sur l’ensemble des mesures d’éloignement.
Les organisations signataires :
- ACAT France (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
- ADDE (Avocats pour la Défense du Droit des Etrangers)
- AMNESTY International
- ANAFE (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)
- CIMADE (Service œcuménique d’entraide)
- GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés)
- LDH (Ligue des Droits de l’Homme)
- MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)
- SAF (Syndicat des avocats de France)
- SM (Syndicat de la Magistrature)
par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle
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Migrations
Robert Faurisson a été débouté lundi 21 mai par le Tribunal de grande instance de Paris des poursuites civiles pour
diffamation qu'il avait intentées contre l'ancien ministre Robert Badinter.
Faurisson estimait que Badinter l'a diffamé le 11 novembre 2006 dans une émission d'Arte lorsqu'il a affirmé que «le dernier procès» qu'il avait plaidé avant de devenir ministre de la Justice en 1981 «c'est le procès contre Faurisson». «J'ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire», avait-il dit en faisant référence à un jugement du 8 juillet 1981 qui condamnait l'universitaire pour avoir notamment déclaré qu'«Hitler n'a jamais ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race ou de sa religion». Un jugement confirmé par un arrêt de la cour d'appel du 26 avril 1983.
«Le bénéfice de la bonne foi» a été accordé par la Tribunal qui estime que l'ancien garde des Sceaux avait fait preuve de «pertinence» en appliquant cette «formule» de «faussaire de l'Histoire» à la «méthode suivie» par Faurisson. Badinter «a donc conservé une parfaite modération dans le propos», dit le jugement.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui avait estimé le 2 avril que Faurisson devait être débouté. Le représentant du ministère public était allé dans le sens de Robert Badinter en affirmant que l'universitaire avait bien «faussé» l'Histoire en théorisant l'inexistence des chambres à gaz.
La 17ème chambre du TGI de Paris, a par ailleurs condamné Faurisson à payer 5 000 euros à l'ancien garde des Sceaux, au titre des frais de justice.
Faurisson estimait que Badinter l'a diffamé le 11 novembre 2006 dans une émission d'Arte lorsqu'il a affirmé que «le dernier procès» qu'il avait plaidé avant de devenir ministre de la Justice en 1981 «c'est le procès contre Faurisson». «J'ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire», avait-il dit en faisant référence à un jugement du 8 juillet 1981 qui condamnait l'universitaire pour avoir notamment déclaré qu'«Hitler n'a jamais ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race ou de sa religion». Un jugement confirmé par un arrêt de la cour d'appel du 26 avril 1983.
«Le bénéfice de la bonne foi» a été accordé par la Tribunal qui estime que l'ancien garde des Sceaux avait fait preuve de «pertinence» en appliquant cette «formule» de «faussaire de l'Histoire» à la «méthode suivie» par Faurisson. Badinter «a donc conservé une parfaite modération dans le propos», dit le jugement.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui avait estimé le 2 avril que Faurisson devait être débouté. Le représentant du ministère public était allé dans le sens de Robert Badinter en affirmant que l'universitaire avait bien «faussé» l'Histoire en théorisant l'inexistence des chambres à gaz.
La 17ème chambre du TGI de Paris, a par ailleurs condamné Faurisson à payer 5 000 euros à l'ancien garde des Sceaux, au titre des frais de justice.
par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle
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Actualités
Communiqué de démission des instances officielles de la Cité nationale pour l'histoire de l'immigration adressé ce jour par 8 historiens et démographes, 18 mai
2007.
Immigration et identité nationale : une association inacceptable
Depuis 2003 nous avons participé au projet de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI). Cette Cité, qui doit ouvrir ses portes en cette année 2007, a été voulue, comme un nouveau lieu de l'histoire de France, au lendemain des élections présidentielles de 2002, à l'occasion desquelles les Français avaient signifié leur refus de la tentation xénophobe. Ce lieu entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, transformer et à enrichir la France. Rendre compte de la diversité des histoires et des mémoires individuelles et collectives, en faire l'histoire de tous, avec ses moments glorieux et ses zones d'ombre, aider ainsi au dépassement des préjugés et des stéréotypes, tels sont les enjeux qui nous ont mobilisés autour de ce projet.
L'instauration d'un « ministère de l'immigration et de l'identité nationale », remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et
des armes. Or il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir "l'identité". Associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre
République : c'est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l'immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur être même.
Ce rapprochement s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux étrangers, dans les moments de crise. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l'avenir, autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles de s'approprier, ce ministère menace au contraire d'installer la division et une polarisation dont l'histoire a montré les ravages. Voilà pourquoi nous démissionnons à compter de ce jour de nos fonctions officielles à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Nous tenons cependant à saluer le remarquable travail effectué depuis plus de trois ans par Jacques Toubon et toute son équipe. Nous avons pu y être associés dans un esprit de liberté intellectuelle et d'indépendance. Nous continuerons de soutenir ce projet tant que son esprit perdurera.
Depuis 2003 nous avons participé au projet de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI). Cette Cité, qui doit ouvrir ses portes en cette année 2007, a été voulue, comme un nouveau lieu de l'histoire de France, au lendemain des élections présidentielles de 2002, à l'occasion desquelles les Français avaient signifié leur refus de la tentation xénophobe. Ce lieu entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, transformer et à enrichir la France. Rendre compte de la diversité des histoires et des mémoires individuelles et collectives, en faire l'histoire de tous, avec ses moments glorieux et ses zones d'ombre, aider ainsi au dépassement des préjugés et des stéréotypes, tels sont les enjeux qui nous ont mobilisés autour de ce projet.
L'instauration d'un « ministère de l'immigration et de l'identité nationale », remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et
des armes. Or il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir "l'identité". Associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre
République : c'est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l'immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur être même.Ce rapprochement s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux étrangers, dans les moments de crise. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l'avenir, autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles de s'approprier, ce ministère menace au contraire d'installer la division et une polarisation dont l'histoire a montré les ravages. Voilà pourquoi nous démissionnons à compter de ce jour de nos fonctions officielles à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Nous tenons cependant à saluer le remarquable travail effectué depuis plus de trois ans par Jacques Toubon et toute son équipe. Nous avons pu y être associés dans un esprit de liberté intellectuelle et d'indépendance. Nous continuerons de soutenir ce projet tant que son esprit perdurera.
Marie-Claude Blanc-Chaléard, historienne (Paris1)
Geneviève Dreyfus-Armand, historienne (BDIC)
Nancy L. Green, historienne (EHESS)
Gérard Noiriel, historien (EHESS)
Patrick Simon, démographe (INED)
Vincent Viet, historien (IDHE)
Marie-Christine Volovitch-Tavarès, historienne
Patrick Weil, historien (CNRS-Paris1)
> Voir site de la Cité nationale pour l'histoire de l'immigration : www.histoire-immigration.fr/
par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle
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Actualités




