Bienvenue sur le blog du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples - Fédération de Moselle

 
Ce n'est sûrement pas par hasard que vos recherches vous ont conduites sur ce site ; certainement y recherchez-vous une information précise sur le MRAP en Moselle (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) ?

Ce site rassemble nombre de renseignements concernant notre association et nos actions sur le département ; autant d'éléments qui, nous l'esperons, pourront répondre à vos attentes ou vous éclairer sur des aspects que vous étudiez. Vous retrouverez l'ensemble des manifestations auxquelles s'associent les comités locaux mosellans du MRAP et le contexte social dans lequel s'inscrivent nos actions.
Nous vous invitons également à vous inscrire à notre Newsletter.

En espérant que cet outil d’information répondra à vos attentes, nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre association et à notre combat contre tous les racismes.


Samedi 5 avril 2008

Le point de vue de DILEM, caricaturiste à Liberté, quotidien algérien d'expression française


 
>  voir le site de Liberté


par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle publié dans : Actualités
Vendredi 4 avril 2008

Il y a 40 ans, le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné à Menphis

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

Né à Atlanta (Géorgie) en 1929, Martin Luther King junior est issu d'une famille de pasteurs, il bénéficie d'un environnement culturel favorable. Il devient lui-même pasteur baptiste à l'âge de 19 ans, dans la tradition de son père (pasteur à l'Église Baptiste d'Ebenezer à Atlanta) et de son grand-père.

En 1955, Martin Luther King devient le porte-parole du mouvement pour les droits civiques en prenant la tête du comité de soutien à Rosa Parks, cette femme noire arrêtée pour avoir refusé de laisser sa place à un Blanc dans un autobus de la ville de Montgomery (Alabama) où régnait une stricte ségrégation. En 1956, la ségrégation dans les autobus est déclarée inconstitutionnelle.

Une visite en Inde en 1959 lui permis d’approfondir sa compréhension du Satyagraha, les principes de Gandhi, concernant la persuasion pacifiste, lequel King détermina comme étant son instrument principal pour les protestations sociales.

« Il est le leader charismatique de la vague contestataire du début des années 1960; le mouvement des droits civiques. Ses paroles ont galvanisé les Noirs et fait changer l'opinion des Blancs modérés. Son principal mérite est d'avoir fait de la traditionnelle revendication des Noirs pour l'égalité, une idée ordinaire dans la conscience de l'Américain moyen. Il cherche à convaincre et non à humilier ses adversaires, lutter contre le mal et l'injustice et non contre les individus, endurer la violence sans riposter en vertu du pouvoir rédempteur d'une souffrance imméritée. Par ailleurs, maintenant que l'agitation a gagné tout le pays et que les Noirs descendent par milliers dans les rues, une question va se poser : du pacifisme de Martin Luther King ou de la résistance armée de Malcom X, laquelle de ces deux formes de lutte l'emportera ? Luther King doit faire la preuve de l'efficacité de la non-violence; il lance alors en 1963 la campagne de Birmingham (Alabama). »

En 1963, Martin Luther King fut à la tête d’une grande campagne pour les droits civils à Birmingham en Alabama. Il organisa plusieurs manifestations : pour permettre le droit de vote aux Noirs; Contre la déségrégation et une meilleure éducation et hébergement à travers les états du Sud. Lors de ces campagnes il fut arrêté à plusieurs reprises. Il était à la tête de la marche historique à Washington le 28 août 1963 où il déclara son célèbre discours : « I have a Dream » ("j’ai un rêve"). En 1964, il fut récipiendaire du Prix Nobel de la Paix.

Afin de suivre la montée en puissance des tendances plus radicales, King s'ouvrit alors à de nouvelles formes de contestation : il soutint la lutte pour le relogement des habitants des bidonvilles de Chicago (1966) et se déclara contre la guerre du Viêt-nam (1967); il resta fidèle à ses convictions non violentes malgré l'écho que rencontraient les partisans du "black power" ("pouvoir noir") et ceux d'une autodéfense armée des Afro-Américains (Black Panthers, créées en 1966), qui tous lui reprochaient sa modération. »

Le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné à Memphis alors qu'il apportait son soutien à une grève d'éboueurs. Quelque 100 000 personnes assistent à ses obsèques à Atlanta. Son assassin présumé, James Earl Ray, s'est rétracté par la suite, et l'enquête fut rouverte en 1997.

Aux Etats-Unis, depuis 1983, le troisième lundi de janvier est célébré comme l’anniversaire de Martin Luther King Jr.

 

 « I have a Dream »  

Discours prononcé par Martin Luther King lors de la Marche historique du 28 août 1963 à Washington.

Je suis heureux de participer avec vous aujourd’hui à ce rassemblement qui restera dans l’histoire comme la plus grande manifestation que notre pays ait connu en faveur de la liberté.

Il y a un siècle de cela, un grand américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre acte d’émancipation. Cette proclamation historique faisait, comme un grand phare, briller la lumière de l’espérance aux yeux de millions d’esclaves noirs marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce fut comme l’aube joyeuse qui mettrait fin à la longue nuit de leur captivité.

Mais cent ans ont passé et le Noir n’est pas encore libre. Cent ans ont passé et l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination ; cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle ; cent ans ont passé et le Noir languit toujours dans les marches de la société américaine et se trouve en exil dans son propre pays.

C’est pourquoi nous sommes accourus aujourd’hui en ce lieu pour rendre manifeste cette honteuse situation. En ce sens, nous sommes montés à la capitale de notre pays pour toucher un chèque. En traçant les mots magnifiques qui forment notre constitution et notre déclaration d’indépendance, les architectes de notre république signaient une promesse dont héritaient chaque Américain. Aux termes de cet engagement, tous les hommes, les Noirs, oui, aussi bien que les Blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur.

Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a failli à sa promesse en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple noir un chèque sans valeur ; un
chèque qui est revenu avec la mention "Provisions insuffisantes". Nous ne pouvons croire qu’il n’y ait pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance en notre pays. Aussi sommes nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous fournira sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.

Nous sommes également venus en ce lieu sanctifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Il n’est plus temps de se laisser aller au luxe d’attendre ni de pendre les tranquillisants des demi-mesures. Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie ; le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale ; le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité ; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu. Il serait fatal à notre nation d’ignorer qu’il y a péril en la demeure. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

1963 n’est pas une fin mais un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de laisser fuser la vapeur et se montrera désormais satisfait se préparent à un rude réveil si le pays retourne à ses affaires comme devant.

Il n’y aura plus ni repos ni tranquillité en Amérique tant que le Noir n’aura pas obtenu ses droits de citoyen.

Les tourbillons de la révolte continueront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’au jour où naîtra l’aube brillante de la justice.

Mais il est une chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui mène au palais de la justice : en nous assurant notre juste place, ne nous rendons pas coupables d’agissements répréhensibles.

Ne cherchons pas à étancher notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Livrons toujours notre bataille sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Il ne faut pas que notre revendication créatrice dégénère en violence physique. Encore et encore, il faut nous dresser sur les hauteurs majestueuses où nous opposerons les forces de l’âme à la force matérielle.

Le merveilleux militantisme qui s’est nouvellement emparé de la communauté noire ne doit pas nous conduire à nous méfier de tous les Blancs. Comme l’atteste leur présence aujourd’hui en ce lieu, nombre de nos frères de race blanche ont compris que leur destinée est liée à notre destinée. Ils ont compris que leur liberté est inextricablement liée à notre liberté. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée biraciale. Nous ne pouvons marcher tout seuls au combat. Et au cours de notre progression, il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Il en est qui demandent aux tenants des droits civiques : "Quand serez vous enfin satisfaits ?" Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que le Noir sera victime des indicibles horreurs de la brutalité policière.

Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que nos corps recrus de la fatigue du voyage ne trouveront pas un abris dans les motels des grand routes ou les hôtels des villes. Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand.

Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que nos enfants seront dépouillés de leur identité et privés de leur dignité par des pancartes qui indiquent : "Seuls les Blancs sont admis." Nous ne pourrons être satisfaits tant qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons pas satisfaits tant que le droit ne jaillira pas comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable.

 


par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle publié dans : Actualités
Jeudi 3 avril 2008

 Dimanche 30 Mars vers 00H45, le Pink Bar, établissement se situant dans le quartier populaire de la rue des Allemands au Centre-ville de Metz a été victime d’une agression par un groupe d’une cinquantaine de personnes liée à la mouvance d’extrême-droite fascisante. Armés de poings américains, couteaux, matraques télescopiques, tournevis et autres armes par destination, le groupe a tenté de s’introduire dans le café où se déroulait un concert contre le racisme.

La devanture du bar a été saccagée et toutes les vitres brisées, mais les agresseurs n’ont pu s’introduire dans les lieux. Des patrouilles de police, arrivées rapidement sur place ont interpellées huit membres de cette bande haineuse.

Suite à cette agression, un collectif réunissant des habitants du quartier appelle à une mobilisation contre l’extrême-droite samedi 5 avril à Metz avec trois initiatives :

- une manifestation à partir de 13H, Place des Paraiges (devant le Pink Bar)
- un meeting antifasciste à 17H à La Chenille Bleue (rue Mazelle)
- un concert le soir même au Pink Bar

 
Cette mobilisation a le soutien de plusieurs commerces du quartier, de cafés, restaurants et lieux de culture vivante.

Le MRAP de Metz apporte son soutien au Pink Bar et appelle à participer aux initiatives du Collectif Antifasciste du Quartier des Allemands.

 


par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle publié dans : Actualités
Jeudi 3 avril 2008

Un premier bilan de Coordination française pour le droit d'asile (CFDA)

 

A l'occasion de la publication le 3 avril du rapport d’activité de l'année 2007 de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), les associations membres de la Coordination française pour le droit d'asile (CFDA) souhaitent faire un premier bilan de plusieurs recommandations adressées aux pouvoirs publics début 2008 concernant la situation de l’asile en France mais malheureusement restées sans réponse à ce jour.

Le rapport de l'OFPRA révèle qu'en 2007, le nombre de demandes d'asile enregistrées chute pour la quatrième année consécutive (d'environ 15%).

Le taux de reconnaissance global (1, voir note en bas de texte), de l’ordre de 30%, a augmenté de manière significative en 2007, essentiellement en raison des décisions prises en appel annulant les rejets de l’OFRA (2). Cependant, la CFDA s’inquiète de la nouvelle chute des premières demandes, en grande partie due aux mesures restreignant l’accès à notre territoire et visant à dissuader l'arrivée des demandeurs. Le 22 février, la CFDA s'est adressée à Bernard Kouchner et Brice Hortefeux pour dénoncer l'imposition d'un « visa de transit aéroportuaire » à deux nouvelles catégories de personnes visant en fait à empêcher les réfugiés somaliens et tchétchènes d'arriver à nos frontières (3).

La CFDA n’a reçu aucune réponse des ministres.

Le rapport de l'OFPRA révèle qu'en 2007, moins de 150 Irakiens ont demandé l'asile en France. Face à la situation dramatique vécue par 4 millions d'Irakiens, déplacés au sein même de leur pays ou en exil en Jordanie et en Syrie, la CFDA a lancé le 30 janvier un appel au président de la République en faveur d'un plan international et européen ambitieux demandant notamment la cessation des renvois vers l'Irak et la « réinstallation » d'un certain nombre de ces réfugiés en France et en Europe (4).

La CFDA n’a reçu aucune réponse du président de la République.

Le rapport de l'OFPRA révèle qu'en 2007, à nouveau, environ un tiers des demandes d’asile ont été traitées en procédure dite « prioritaire »(5). La CFDA rappelle son hostilité à cette procédure qui ne permet pas au demandeur de voir sa demande convenablement examinée, par une instruction trop rapide des dossiers, en l’absence de recours suspensif et sans accès aux prestations sociales spécifiques. Le 18 janvier, la CFDA a rappelé au présidentdu Conseil d'administration de l'OFPRA son opposition à la notion de pays d'origine dit « sûr » et lui a demandé de réviser la liste de ces pays dont les ressortissants sont placés en procédure « prioritaire ».

La CFDA n’a reçu aucune réponse du président du Conseil d'administration.

La CFDA regrette le silence des autorités et réitère ses préoccupations concernant les difficultés d’accès au territoire des demandeurs d’asile et les conditions précaires d’existence d’un grand nombre d’entre eux aujourd’hui en France.

Notes :

(1) OFPRA et Cour nationale du droit d’asile (CNDA).
(2) Le taux d’annulation est en augmentation perpétuelle : 5% en 1996, 10% en 2000, 15% en 2005, 20% en 2007.
(3) Arrêtés des 24 janvier et 2 février 2008 concernant les ressortissants de Djibouti et les Russes « provenant d’un aéroport d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie, de Turquie ou d’Egypte».
(4) La CFDA prend note de l’annonce de l’arrivée prochaine d’environ 500 Irakiens, dans des conditions et avec des critères encore peu précis à ce jour.
(5) Premières demandes et demandes de réexamen confondues.

La Coordination française pour le droit d’asile rassemble les organisations suivantes :

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture),
Act-Up Paris,
Amnesty International - section française,
APSR (Association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France),
CAEIR (Comité d’aide exceptionnelle aux intellectuels réfugiés),
CASP (Centre d’action sociale protestant),
Cimade (Service oecuménique d’entraide),
Comede (Comité médical pour les exilés),
ELENA,
FASTI (Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés)
France Libertés,
Forum Réfugiés,
FTDA (France Terre d’Asile),
GAS (Groupe accueil solidarité),
GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés),
LDH (Ligue des droits de l’homme),
MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples),
Association Primo Levi (soins et soutien aux victimes de la torture et des violences politiques),
Secours Catholique (Caritas France),
SNPM (Service National de la Pastorale des Migrants),
SSAE (Service social d’aide aux émigrants).

La représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés en France et la Croix Rouge Française sont observateurs des travaux de la CFDA.

+ d'infos : http://cfda.rezo.net/

par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle publié dans : Migrations
Vendredi 28 mars 2008

Un article d'Andrès Pérez du journal espagnol Publico, paru dans Courrier International

Rien n’y fait : ni la formation, ni les directives, ni même les remontrances présidentielles ne sont venues à bout du tutoiement policier. Et des tensions qu’il provoque.

“Vous”* ou “tu”*. Vouvoyer ou tutoyer. Tel est le dilemme. Le sujet tourmente les esprits français depuis la révolution de 1789, lorsque le peuple, libéré de la tyrannie, tenta d’imposer un tutoiement citoyen qui permettait d’être à tu et à toi avec Robespierre lui-même. Plus tard, la France imposa tout l’inverse dans un souci d’égalité : le “vous” devint obligatoire, quel que soit le rang social de l’interlocuteur. En 2008, le dilemme grammatical est devenu un problème social. Les policiers français tutoient de façon quasi systématique les jeunes des quartiers populaires, qui ne supportent pas cette familiarité. Même le président français s’en est rendu compte. En déplacement récemment dans une ville de banlieue, il a déclaré devant un parterre de policiers : “L’uniforme ne vous autorise pas à faire n’importe quoi […]. Pas de familiarité […], pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement.”

La violence qu’implique pour les jeunes le tutoiement policier est un refrain qu’on entend beaucoup dans certains quartiers populaires. “Mais pourquoi ils me tutoient, les flics ?” demande Toufik, un jeune homme dégingandé d’environ 25 ans. “Ils me regardent avec méfiance, me demandent systématiquement mes papiers deux ou trois fois par jour et jamais ils me traitent poliment, comme ils le font avec les gens normaux.” Toufik n’est pas le seul dans ce cas. Le tutoiement différencié appliqué par la police revient dans toutes les conversations à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, que ce soit avec de simples lascars, de vaillants étudiants désargentés ou encore de modestes employés des services de nettoyage. Dans le pire des cas, le “tu” fait partie d’une stratégie de guerre des nerfs qui fait monter les tensions entre les jeunes et les représentants de l’ordre. Il arrive que la confrontation tourne mal : les insultes fusent, un citoyen est blessé et des policiers portent plainte contre ces derniers pour “outrages et rébellion contre un agent de l’autorité”.

Pour certains sociologues urbanistes, le tutoiement policier serait révélateur d’un certain marquage social. “D’un côté, il y a le tutoiement respectueux et réciproque entre les policiers et leurs bons clients : les délinquants classiques”, explique Fabien Jobard, du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP). “De l’autre, la police vouvoie systématiquement le client ‘de tous les jours’, le citoyen de base. Enfin, il y a pour les policiers une autre clientèle, celle de ceux qu’ils considèrent comme des frimeurs, des crétins, de la racaille. Avec ceux-là, c’est le tutoiement systématique.”

Dans une étude réalisée pour la Commission nationale de déontologie de la sécurité, la sociologue Catherine Wihtol de Wenden a mis le doigt sur le problème : dans 64 % des cas de tutoiement provocateur, les victimes sont des Français dont l’apparence ou le nom révèle des origines étrangères. Le code de déontologie de la police, approuvé en 1986, est pourtant sans ambiguïté : il ne doit y avoir aucun dérapage de la part des agents, qui ne doivent “se départir de [leur] dignité en aucune circonstance”. Mais, malgré ce lourd dispositif administratif, le problème revient sans cesse sur la table. Le 22 février 2006, le ministère de l’Intérieur a dû envoyer une nouvelle directive aux forces de l’ordre pour insister sur la nécessité du vouvoiement avec les jeunes.

par Le Blog du MRAP Fédération de Moselle publié dans : Discrimination

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Le MRAP tient des Permanences d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des personnes victimes de discriminations sur le département de la Moselle. Elles sont animées par des équipes de bénévoles formées :

aux techniques d’accueil et d’écoute de tous public
aux différentes mesures relatives à la lutte contre les discriminations
au dispositif législatif concernant l’entrée et le séjour des étrangers
Elles s’appuient sur le concours d’avocats et des conseillers juridiques de la Permanence nationale du MRAP.


Prendre contact :

à METZ 
Lieu :  MRAP
16, rue Vandernoot
57000 METZ

Horaires :
les mercredis de 15h à 18h
(sauf congés scolaires)

Prendre rdv en appelant le :
03 87 56 12 31

à SARREGUEMINES
Lieu : Culture et Liberté
26, rue de la Grande Armée
57200 SARREGUEMINES

Horaires :
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